N’Djamena révèle la grande contradiction

La sécurité hydrique africaine est au centre du Forum africain sur l’eau et l’énergie, organisé les 15 et 16 juillet 2026 à N’Djamena. Dirigeants africains, institutions financières et partenaires privés cherchent à répondre à une contradiction majeure : un continent riche en ressources hydriques, mais encore confronté au manque d’eau potable et d’énergie.

L’Afrique possède des fleuves immenses, des lacs stratégiques et des nappes souterraines considérables. Pourtant, la richesse naturelle peine à atteindre les populations. Ainsi, l’urgence n’est plus seulement de trouver l’eau, mais de construire les réseaux capables de la distribuer.

Les fleuves abondent, les infrastructures manquent

D’abord, le paradoxe africain s’explique par une faiblesse chronique des infrastructures. Les systèmes de traitement, les réseaux urbains et les installations rurales restent insuffisants face à une croissance démographique rapide.

Par ailleurs, plusieurs États rencontrent des difficultés pour financer des projets structurants. Le Forum de N’Djamena ambitionne donc de mobiliser des capitaux publics, privés et internationaux afin d’accélérer les investissements.2

Comme l’affirmait l’économiste Amartya Sen, « le développement consiste à élargir les libertés réelles des personnes ». L’accès à l’eau devient ainsi un symbole de dignité et de progrès humain.

La gouvernance, l’autre source du défi

Cependant, les financements ne suffisent pas. La gouvernance demeure un élément décisif. Sans planification, transparence et institutions solides, les infrastructures risquent de rester insuffisantes.

De plus, l’eau dépasse désormais le cadre sanitaire. Elle touche l’agriculture, l’énergie, l’industrie et la stabilité régionale. Elle devient une question stratégique.

Vers un nouveau pacte continental

Finalement, l’Afrique doit changer de regard sur son patrimoine hydrique. Il ne s’agit plus seulement d’exploiter une ressource, mais de bâtir une souveraineté durable.

« L’eau est devenue une question de sécurité », rappelait Ban Ki-moon. Dès lors, le véritable défi africain n’est pas l’absence d’eau, mais l’absence de passerelles entre cette richesse et les citoyens.

Comme l’écrivait Victor Hugo, « rien n’est plus fort qu’une idée dont le temps est venu ». Pour l’Afrique, le temps est venu de transformer ses fleuves en avenir.

Didier BOFATSHI

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