
Kinshasa au cœur de la diplomatie mondiale
La République démocratique du Congo entend faire de sa présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies une tribune en faveur de la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits. Selon la Primature, la Première ministre Judith Suminwa présidera, ce mercredi 8 juillet 2026 à New York, un débat public consacré au thème : « Femmes, Paix et Sécurité – Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la présidence mensuelle du Conseil de sécurité assumée par la RDC depuis le 1er juillet.
La voix des survivantes à l’ONU
Selon la Primature, cette rencontre intervient alors que les violences sexuelles connaissent une recrudescence dans plusieurs zones de conflit, particulièrement dans l’est de la RDC.
« La République démocratique du Congo entend porter la voix des survivants et rappeler à la communauté internationale que les engagements pris doivent désormais se traduire par des actions concrètes », souligne le communiqué.
Les échanges porteront notamment sur la lutte contre l’impunité, la protection des civils, l’accès des victimes à la justice, aux soins, aux réparations ainsi qu’à leur réinsertion.
Paix, minerais et justice
Selon la Primature, le Gouvernement estime que les violences sexuelles demeurent étroitement liées aux économies de guerre et à l’exploitation illicite des ressources naturelles.
« Les violences sexuelles, les économies de guerre et l’exploitation illicite des ressources naturelles constituent des phénomènes interdépendants qui entretiennent l’instabilité », précise le communiqué.
Dans cette dynamique, une réunion en formule Arria est annoncée le 13 juillet sur les ressources naturelles, les conflits et la paix, avant un débat ministériel de haut niveau prévu le 21 juillet sur la gouvernance des ressources naturelles.
Une présidence à forte portée stratégique
Selon la Primature, cette présidence du Conseil de sécurité traduit la volonté de Kinshasa de mettre son expérience au service de la paix internationale.
Depuis janvier 2026, la RDC siège comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2026-2027 aux côtés de Bahreïn, de la Colombie, de la Lettonie et du Libéria. Intégrée au groupe africain des A3, elle participe aux négociations et aux votes sur les principales crises internationales, tout en relayant les positions de l’Union africaine.
Comme l’affirmait Kofi Annan, « Il n’y a pas de paix durable sans justice. » En portant la question des violences sexuelles devant le Conseil de sécurité, Kinshasa cherche désormais à transformer les engagements internationaux en réponses concrètes pour les victimes et en leviers durables de stabilité.
Didier BOFATSHI

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