
Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a effectué, ce lundi 6 avril, une visite hautement symbolique à Nkamba, dans le Kongo-Central, à l’occasion des festivités commémorant le combat de Simon Kimbangu et l’éveil de la conscience africaine. Une présence présidentielle qui consacre à la fois une mémoire spirituelle, une identité nationale et une reconnaissance institutionnelle, dans un contexte où la République érige cette date en journée fériée officielle.
Nkamba, épicentre incandescent de la mémoire
Sous le ciel chargé de ferveur, Nkamba vibre comme un cœur ancien. La « Nouvelle Jérusalem » congolaise redevient ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : un sanctuaire vivant. La présence du chef de l’État y agit comme une onction politique. « L’histoire est toujours contemporaine », écrivait Benedetto Croce et à Nkamba, elle brûle au présent.
Le souffle de Kimbangu, insoumis et éternel
Derrière la cérémonie, une figure : Simon Kimbangu. Prédicateur devenu symbole, il incarne la rupture, la foi insurgée. En 1921, il enflamme Nkamba d’un message spirituel qui deviendra mouvement, puis Église. « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », disait Hölderlin. Kimbangu fut ce surgissement.
Quand l’État sanctifie la mémoire
En décrétant cette journée fériée via l’ordonnance-loi n°23/042 du 30 mars 2023, la République grave le sacré dans le marbre institutionnel. La mémoire devient norme. Max Weber l’avait perçu : le pouvoir s’ancre dans des croyances partagées. Ici, la foi devient architecture politique.
Une nation en quête de son propre miroir
Au-delà de la commémoration, c’est une identité qui se regarde. Nkamba devient miroir d’une Afrique en quête d’elle-même. « Se réapproprier son histoire, c’est reconquérir son avenir », aurait pu dire Frantz Fanon. La scène est spirituelle, mais l’enjeu est existentiel.
À Nkamba, la République ne commémore pas seulement : elle se raconte, se redéfinit, se projette. Cette convergence entre foi, mémoire et pouvoir trace une ligne de force dans l’imaginaire collectif. Et comme le murmurait Aimé Césaire, « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » à Nkamba, aujourd’hui, la mémoire s’est levée comme une promesse.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com