Lualaba-Mukumbi : La terre fuit ses enfants sous les machines minières

Des creuseurs clandestins dans une mine de cuivre de la Chemaf à Lubumbashi (Décembre 2012)

Dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo, les habitants du village de Mukumbi dénoncent un déguerpissement forcé attribué à l’entreprise minière Chemaf. Selon les témoignages, leurs maisons ont été détruites, leurs champs ravagés et leurs moyens de subsistance anéantis, sans indemnisation ni relocalisation. Des dizaines de familles vivent désormais dans une extrême précarité, tandis qu’un appel pressant est lancé à la gouverneure Fifi Masuka pour une intervention urgente.

La terre arrachée

Mukumbi ne disparaît pas, il est effacé. Sous le poids des machines, les champs deviennent poussière, les maisons se dissolvent dans le bruit métallique. « La terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre », disait Sitting Bull — ici, même cette appartenance vacille.

Les vies déplacées

Des familles entières errent désormais sans abri stable. Églises transformées en refuges, enfants déscolarisés, quotidien suspendu. « Nous avons tout perdu », confie un habitant. L’exil ne traverse pas les frontières : il commence parfois au seuil de sa propre maison.

Le silence des puissants

Face aux accusations, aucune réponse officielle de Chemaf ni des autorités minières provinciales. Un silence lourd, presque institutionnel. Comme l’écrivait Martin Luther King : « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, mais le silence des bons. »

L’appel à l’arbitrage

Les regards se tournent vers Fifi Masuka. Les habitants réclament justice : indemnisation, relocalisation digne, reconnaissance. Leur voix s’élève dans une supplique simple et directe : être entendus, enfin.

Mukumbi incarne une fracture brutale entre développement économique et droits humains. Une ligne invisible où la richesse du sous-sol écrase la vie en surface. « Là où l’on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes », écrivait Heinrich Heine. Ici, ce ne sont pas des livres mais des maisons, des vies, des mémoires. Et la cendre, elle, ne parle jamais seule.

Didier BOFATSHI

Okapi / VF7, voltefaceinfos7.com

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