
Dans le golfe Persique, les premières traversées ont repris dans le détroit d’Ormuz, après une désescalade provisoire entre les États-Unis et l’Iran. Washington a suspendu ses frappes pour deux semaines, tandis que Téhéran rouvre temporairement ce passage stratégique par où transite une part vitale du pétrole mondial. Une respiration géopolitique sous haute tension, au cœur d’un affrontement impliquant aussi Israël et marqué par l’ombre de Donald Trump.
Le pétrole reprend souffle
Le détroit, artère énergétique du monde, se remet à battre. Chaque navire qui le franchit est une victoire fragile contre la paralysie globale. Comme le rappelait Daniel Yergin, « le pétrole est la marchandise la plus stratégique au monde ». Sa circulation n’est jamais neutre : elle est pouvoir, pression, survie.
La trêve sous perfusion
Deux semaines de suspension : une paix sous condition, suspendue à la volonté des acteurs.
Dans la logique décrite par Thomas Schelling, la coercition repose sur « la diplomatie de la menace ». Ici, la trêve n’efface pas le conflit, elle le met en pause, comme un bras armé qui hésite encore.
Le détroit comme levier
Pour Téhéran, rouvrir Ormuz n’est pas un geste d’apaisement pur, mais un signal calibré.
Contrôler ce passage, c’est tenir une clé du système énergétique mondial.
Le message est limpide : fermer, c’est asphyxier ; ouvrir, c’est négocier.
L’équilibre de la peur
Entre Iran, États-Unis et Israël, la région reste suspendue à une dissuasion nerveuse.
Comme l’écrivait Henry Kissinger, « l’équilibre des puissances n’apporte pas la paix, mais empêche la guerre totale ». Un équilibre instable, toujours au bord de la rupture.
La reprise des traversées ne signe pas la fin de la crise, mais son recalibrage. Une pause tactique, où chaque acteur mesure ses marges, ses risques, ses gains. « La paix n’est ici qu’un intervalle », pourrait-on dire.
Et comme l’avertissait Carl von Clausewitz, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». À Ormuz, c’est peut-être la politique qui reprend son souffle… avant de replonger.
Didier BOFATSHI
Le Figaro / VF7, voltefaceonfos7.com