À la veille de l’entrée en lice de la République démocratique du Congo à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, Chancel Mbemba a parlé. Peu de mots, mais une portée lourde de sens. Face aux micros, le capitaine des Léopards a convoqué le peuple, appelé l’unité et fixé les responsabilités, à quelques heures d’un match inaugural décisif contre le Bénin.
Une parole de capitaine dans la lumière des grands rendez-vous
Dans la salle de conférence, aux côtés du sélectionneur Sébastien Desabre, Chancel Mbemba n’a pas joué la partition du spectaculaire. Il a choisi la gravité. « On a besoin de soutien ». Une phrase courte, presque nue, mais chargée d’histoire et d’attentes. Dans une CAN exigeante, le public devient le douzième homme, le souffle invisible qui pousse quand les jambes tremblent. Cette parole n’est ni une supplique ni un refuge. Elle est un lien. Une passerelle entre la sélection et la nation.
Assumer le terrain, libérer le peuple
Mbemba ne se défausse pas. Il verrouille le débat. « Nous, on va faire le boulot sur le terrain». La responsabilité est clairement placée là où elle doit être : sur les épaules des joueurs. Le peuple est appelé à soutenir, non à porter le poids du résultat. Dans ce partage des rôles, les Léopards cherchent à transformer la pression en énergie, l’attente en moteur collectif.
Le poids de l’histoire et l’urgence du présent
Depuis la CAN 2017, la RDC n’a plus gagné son premier match. Une statistique qui colle à la peau, un passé qui murmure à l’oreille du présent. Le duel face au Bénin, ce mardi 23 décembre à 13 h 30 (heure de Kinshasa), est plus qu’une rencontre : c’est un test mental, symbolique, fondateur. Mbemba le sait. Et dans son appel résonne une promesse tacite : celle d’une équipe prête à se battre, portée par un pays entier. La CAN commence maintenant. Pour les Léopards, pour la RDC, pour l’histoire.
Didier BOFATSHI