Le choix de la retenue
À quelques jours de la marche de l’opposition prévue le 22 juillet, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) a annoncé qu’elle n’organisera aucune contre-manifestation. Une position qui tranche avec les appels à la mobilisation lancés au sein de la majorité présidentielle et qui traduit la volonté d’éviter toute tension politique ou affrontement dans les rues de Kinshasa.
La marche du 22 juillet s’annonce comme un nouveau test pour le climat politique congolais. Alors que la coalition d’opposition Article 64 (C64) entend réclamer notamment la démission du président Félix Tshisekedi, l’UDPS a choisi de privilégier l’apaisement.
Le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a ainsi appelé les militants à poursuivre normalement leurs occupations et à éviter les axes qui seront empruntés par les manifestants.
Une majorité aux voix divergentes
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par l’appel du secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation (USN), André Mbata, qui avait invité les partis de la majorité à se mobiliser le même jour afin de défendre les institutions de la République et la souveraineté populaire.
En prenant publiquement ses distances avec cette initiative, l’UDPS envoie un signal politique fort. Le principal parti de la majorité semble vouloir éviter toute image de confrontation directe avec l’opposition.
Cette divergence met également en lumière les nuances stratégiques qui traversent la majorité présidentielle à l’approche d’une échéance politiquement sensible.
Le spectre des tensions
La coalition Article 64 rassemble plusieurs figures majeures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo. Initialement prévue le 8 juillet, la manifestation avait été reportée à la suite des consultations de Bujumbura menées sous l’égide du président burundais Évariste Ndayishimiye, médiateur de l’Union africaine dans la crise congolaise.
Au-delà de la manifestation elle-même, l’enjeu réside désormais dans la capacité des acteurs politiques à préserver un espace démocratique pacifique.
Comme l’écrivait Montesquieu, « la paix est le premier besoin des peuples ». Dans un contexte politique encore marqué par les tensions et les défis sécuritaires, le choix de la retenue affiché par l’UDPS pourrait contribuer à désamorcer les risques de confrontation.
Une journée à haute portée politique
La déclaration d’Augustin Kabuya pourrait également influencer la position des autres composantes de l’Union sacrée, qui ne se sont pas encore officiellement prononcées.
Le 22 juillet apparaît ainsi comme une journée à forte charge symbolique, où se mesureront non seulement les capacités de mobilisation des différents camps, mais aussi la maturité démocratique des acteurs politiques congolais.
Car, dans toute démocratie, la véritable force des institutions ne réside pas dans la confrontation permanente, mais dans leur aptitude à gérer pacifiquement les divergences et à préserver la cohésion nationale.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
