Les terres de la République sous surveillance
Face à la multiplication des occupations irrégulières et des revendications foncières controversées, les ministères de la Justice et des Affaires sociales ont décidé de renforcer leur coopération pour protéger le patrimoine immobilier de l’État. Cette démarche intervient dans un contexte de lutte accrue contre la fraude foncière et de restauration de l’autorité publique en République Démocratique du Congo.
La spoliation du patrimoine de l’État demeure l’une des principales menaces pesant sur la gouvernance foncière en RDC. Lundi 14 juillet à Kinshasa, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et la ministre des Affaires sociales, Ève Bazaïba Masudi, ont passé en revue plusieurs dossiers relatifs à des concessions publiques faisant l’objet d’occupations ou de revendications jugées irrégulières.
Parmi les cas évoqués figure notamment la concession de la Fondation Marie-Antoinette, située dans la commune de Limete, récemment inspectée par la ministre des Affaires sociales.
La République face aux prédateurs fonciers
À l’issue de cette réunion, Guillaume Ngefa a réaffirmé la fermeté du Gouvernement.
« La protection du patrimoine de l’État constitue une obligation légale et une responsabilité collective. Les auteurs d’actes de spoliation répondront de leurs actes conformément à la loi », a déclaré le ministre d’État.
Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie plus large visant à restaurer l’autorité de l’État et à renforcer la sécurité juridique des biens publics et privés.
La bataille des archives et du droit
Au-delà des occupations litigieuses, le Gouvernement entend également s’attaquer aux mécanismes structurels favorisant les fraudes foncières.
Dans cette perspective, le ministère de la Justice poursuit une réforme du système de publicité foncière, notamment à travers la suppression progressive du recours au « Folio », régulièrement cité parmi les facteurs d’insécurité juridique et de falsification documentaire.
Comme l’écrivait Montesquieu, « c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Dans le domaine foncier, cette réalité se traduit souvent par des conflits de propriété, des manipulations administratives et des atteintes aux biens publics.
Restaurer l’autorité de l’État
Cette coopération entre les deux ministères dépasse la simple gestion administrative de quelques concessions. Elle révèle un enjeu plus profond : celui de la préservation du patrimoine national et de la crédibilité de l’État.
Dans un pays où les litiges fonciers figurent parmi les principales sources de tensions sociales et judiciaires, la sécurisation des biens publics apparaît comme une condition essentielle du renforcement de la gouvernance.
La lutte contre la spoliation est ainsi devenue un test de la capacité de l’État à faire respecter la loi et à protéger ses propres intérêts patrimoniaux. Car une République qui ne protège pas ses biens fragilise également son autorité et sa souveraineté.
Source : informations consultées sur la page officielle du ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale.

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