Luanda–Kinshasa : la frontière sous haute vigilance

Luanda accueille le Vice-Premier Ministre congolais en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. Derrière la solennité diplomatique, un impératif stratégique : sécuriser une frontière commune devenue ligne sensible dans l’équation régionale.

La Commission Permanente Mixte Défense-Sécurité sera au cœur des échanges. Objectif affiché : évaluer la situation sécuritaire et raffermir les mécanismes de coopération bilatérale. Objectif implicite : prévenir que les fragilités locales ne se transforment en instabilités régionales. Comme l’écrivait Raymond Aron : « La sécurité n’est jamais acquise, elle se construit dans la permanence de l’effort. »

La frontière, ligne nerveuse

Entre la RDC et l’Angola, la frontière n’est pas qu’un tracé cartographique. Elle est flux : migrations, échanges commerciaux, mais aussi trafics et circulations illicites. Évaluer la situation sécuritaire revient à ausculter cette ligne nerveuse où se croisent souveraineté et vulnérabilités.

Deux États, une vigilance

La co-présidence de la réunion bilatérale avec Manuel Gomes inscrit la coopération dans une logique d’égalité stratégique. Défense et sécurité ne se décrètent pas ; elles s’articulent. Thomas Hobbes rappelait que « la première responsabilité de l’État est d’assurer la sécurité ». Ici, cette responsabilité se partage.

Criminalité sans frontières

Au programme : lutte contre la criminalité transfrontalière, gestion des réfugiés, défis sécuritaires communs. Les menaces contemporaines ignorent les postes de contrôle. La coopération devient ainsi outil de stabilisation préventive.

Diplomatie de terrain

Au-delà des réunions formelles, l’entretien en tête-à-tête entre les deux ministres marque une volonté d’ancrer le dialogue dans la confiance politique. Dans une région où les équilibres sont mouvants, consolider la paix exige coordination constante.

Comme le soulignait Kofi Annan : « La paix est le fruit d’une coopération active, jamais d’une simple intention. » À Luanda, il ne s’agit pas seulement de parler sécurité. Il s’agit de la fabriquer, frontière après frontière.

Serge BOKATOLA / via voletfaceinfos7.com

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