
Après près d’un mois de mutisme forcé, les réseaux de téléphonie mobile reprennent vie dans plusieurs territoires du Nord et Sud-Kivu. De Goma à Kalehe, la reprise des communications offre un souffle nouveau pour les habitants, les services essentiels et l’économie locale, dans des zones fragilisées par l’insécurité et l’occupation rebelle.
Les ondes déchaînées reviennent
Dans la nuit de lundi à mardi, aux alentours de 23 heures, les abonnés de Vodacom, Orange et Airtel ont retrouvé le signal à Nyiragongo, Rutshuru, Lubero, Masisi et Walikale. « Finis les appels impossibles, les messages bloqués et l’Internet fantôme », témoigne un habitant. Chaque vibration du réseau devient un souffle de vie, une résurrection pour des communautés coupées du monde.
Un mois de silence, un mois de chaos
Durant ces semaines sans réseau, communiquer relevait du parcours du combattant. Certains habitants devaient parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre un minimum de signal. Les échanges familiaux, les activités commerciales et la coordination des services essentiels ont été sévèrement impactés. Même les interventions humanitaires et la conservation du Parc national des Virunga ont été perturbées. Comme le rappelait Marshall McLuhan : « Le médium est le message » ici, l’absence de médium a paralysé la vie.
Les coulisses de la panne
Si aucune communication officielle n’a confirmé la cause exacte, un technicien de Vodacom à Walikale évoquait récemment l’origine du problème à Kinshasa : de fortes pluies auraient endommagé des équipements satellitaires à Maluku, déclenchant un effet domino dans plusieurs provinces, dont le Nord-Kivu. La nature et la météo s’invitent ici dans le chaos des technologies humaines.
Le retour du souffle numérique
La réactivation du réseau ne redonne pas seulement la voix, elle rétablit la circulation de l’information et permet la reprise des paiements mobiles pour enseignants et soignants. Chaque appel, chaque message envoyé, devient une pulsation de liberté retrouvée. Comme le disait Victor Hugo : « La liberté commence où l’ignorance finit » – au Kivu, ce sont les ondes qui redonnent aux habitants la maîtrise de leur monde.
Okapi / voltefaceinfos7.com