Kinshasa : Doctorat annulé à l’UPN, scandale et tensions incendiaires

Hier, mercredi 15 avril 2026 dans l’après-midi, aux environs de 14h00, à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Kinshasa, une soutenance publique de thèse de doctorat en Relations internationales a été annulée pour des raisons techniques, alors même qu’un communiqué signé le 07 avril courant par la rectrice, la Professeure Yvonne IBEBEKE BOMANGWA SAILA, en avait validé la tenue. Cette situation a provoqué incompréhension, indignation et vives tensions parmi la famille, les amis, les connaissances du doctorant ainsi que les invités présents dans la salle K2.

Toge académique et promesse de consécration

Dans une salle K2 entièrement préparée, le décor académique était en place : toges des membres du jury, protocole établi et public attentif. Le doctorant, Monsieur SALEH RAMAZANI KABITI, devait défendre sa thèse intitulée : « La politique sécuritaire de la République islamique d’Iran face à la quête de la prolifération de l’arme nucléaire : enjeu géopolitique et perspectives au Moyen-Orient ». L’instant devait consacrer un long parcours scientifique.

Une architecture scientifique prête mais suspendue

Le jury, solidement constitué, réunissait le Professeur KABWITA KABOLO IKO (UPN), président ; le Professeur BWANGILA IBULA (UPN), secrétaire ; les Professeurs KITIMA KASENDWE (UNISIC, promoteur), LIANZA ZALONKEKE (UPN, co-promoteur) et YENI NKUMU (UPN) comme membres effectifs, appuyés par les Professeurs NGOIE MBAYO et KANYINDA TSHISHISHI en suppléance. Une structure académique complète, mais brutalement rendue inactive.

Le choc d’un communiqué en décalage

La principale source de controverse réside dans le communiqué signé le 07 avril par la rectrice de l’UPN, validant la tenue de la soutenance. À la surprise générale, l’événement a été annulé le jour même pour des raisons techniques, créant un sentiment de confusion administrative et d’incohérence organisationnelle.

De la solennité au mécontentement collectif

Cette contradiction a suscité un vif mécontentement parmi les membres de la famille du récipiendaire, ses proches, amis et invités. Plusieurs voix ont exprimé leur indignation, dénonçant ce qu’ils qualifient d’acte administratif incohérent et une organisation jugée défaillante, transformant un moment académique en scène de frustration collective.

Quand la science rencontre la fragilité institutionnelle

L’épisode met en lumière les tensions possibles entre validation administrative et exécution effective dans les institutions universitaires. Il interroge la fiabilité des procédures et la coordination des acteurs académiques autour des soutenances de doctorat, moments pourtant hautement symboliques. Comme le rappelait Pierre Bourdieu, « l’institution fait exister ce qu’elle énonce » une affirmation ici mise à l’épreuve par un décalage entre décision écrite et réalité vécue.

Épilogue Une soutenance devenue signal d’alerte

Au-delà du cas individuel, cette annulation ouvre un débat plus large sur la gouvernance académique et la rigueur organisationnelle dans les universités publiques. Car, comme l’écrivait Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Ici, c’est peut-être le décalage entre décision et exécution qui appelle désormais clarification et réforme.

Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com

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