À Ilebo, dans le Kasaï, la colère a débordé jusqu’à l’irréparable. Un commandant de police a été lynché par des jeunes en furie, au camp Lumbundi. Un drame brutal, né d’une accusation d’abus, qui révèle la fragilité du lien entre forces de l’ordre et population, et met à nu une crise plus profonde de confiance, d’autorité et de justice.
Une arrestation, une étincelle, un déchaînement
Tout commence par une interpellation ordinaire, qui vire à l’extraordinaire. Une femme est arrêtée au camp Lumbundi. Selon plusieurs sources locales, le commandant Djuma, en poste au sous-commissariat de Mapangu, l’aurait frappée en cellule. L’information circule, s’enfle, se propage. La colère devient collective. Des jeunes interviennent. La violence s’emballe. Le commandant est battu à mort. L’uniforme tombe sous les coups de la rue.
La justice populaire, miroir d’un État fissuré
Ce lynchage n’est pas qu’un fait divers. Il est le symptôme d’une justice absente aux yeux de la population. Quand la plainte semble vaine, la foule se fait tribunal. Mais cette justice expéditive tue deux fois : un homme, et l’État de droit. Car rien, légalement, ne justifie une mise à mort, fût-elle provoquée par un abus présumé.
Après le drame, la peur et les soupçons
La police, appuyée par le sous-commissariat de Masongo, s’est déployée sur les lieux. La population, elle, s’est réfugiée dans la brousse, redoutant des représailles. Un jeune suspect a été interpellé. Le corps du commandant a été inhumé à Mapangu Centre. La société civile réclame des enquêtes impartiales, tout en dénonçant des actes de pillage attribués à certains policiers lors de l’intervention. Une question demeure : comment rétablir l’ordre sans restaurer la confiance ? À Ilebo, la réponse conditionnera la paix à venir.
Radio Okapi, via voltefainfos7.com