Le cri d’alarme de New York

Présidé mercredi 8 juillet 2026 par la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, le Conseil de sécurité de l’ONU a placé les violences sexuelles liées aux conflits au cœur des débats. Face à une hausse mondiale sans précédent, les Nations Unies appellent à briser le cycle de l’impunité, alors que l’Est de la RDC demeure l’un des foyers les plus meurtris.

Les chiffres dressent une réalité brutale. Selon Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de cette question, ces violences ont plus que doublé en une année. Elles atteignent désormais un niveau inédit, dans un monde marqué par la multiplication des guerres et l’affaiblissement du droit international.

L’Est congolais, une plaie ouverte

Au cours de la 10190e séance du Conseil de sécurité consacrée au thème « Honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits », la situation en République démocratique du Congo a occupé une place particulière.

Dans l’Est du pays, les femmes et les enfants restent exposés aux violences commises par des groupes armés locaux et étrangers. Selon les autorités congolaises et les Nations Unies, l’activisme de l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, aggrave une crise humanitaire déjà profonde.

« Ce n’est pas inévitable. C’est évitable. C’est passible de poursuites », a déclaré Kate Foster, ambassadrice adjointe du Royaume-Uni auprès de l’ONU. Pour Londres, aucun crime de cette nature ne peut devenir une fatalité silencieuse.

La justice contre l’ombre de l’impunité

Le Royaume-Uni a insisté sur la nécessité de documenter ces crimes afin de permettre des poursuites crédibles. La diplomate britannique a rappelé que les victimes doivent obtenir réparation et participer pleinement aux procédures judiciaires.

« Lorsque les auteurs de ces actes échappent à la justice, les victimes sont privées de réparation et les violences se répètent », a-t-elle dénoncé.

Cette alerte rejoint une réalité historique : sans justice, les violences deviennent un langage de guerre. Comme l’écrivait Kofi Annan, « il n’y a pas de paix sans justice, pas de justice sans responsabilité ».

Briser le cycle des générations sacrifiées

Au-delà de la condamnation internationale, l’enjeu repose désormais sur l’action. Le Royaume-Uni affirme avoir soutenu plus de 55 000 survivantes et survivants au cours de la dernière année à travers ses programmes d’assistance.

Cependant, en RDC, les efforts diplomatiques peinent encore à transformer les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain. Les armes continuent de parler, tandis que les victimes attendent des réponses.

Comme l’a rappelé Kate Foster, « la responsabilisation est possible lorsqu’il existe une volonté politique et un soutien international constant ». L’avenir de la paix se jouera donc dans la capacité de la communauté internationale à passer de la dénonciation à la sanction.

Car, selon Nelson Mandela, « la véritable paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence de justice ». En RDC comme ailleurs, la question demeure : combien de victimes faudra-t-il encore avant que le monde transforme ses promesses en actes ?

Didier BOFATSHI

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