Est de la RDC : humanitaires pris pour cible à Rutshuru

Dans le territoire de Rutshuru, à l’Est de la République Démocratique du Congo, un camion de Médecins sans frontières transportant des fournitures médicales a été attaqué le 18 février 2026 à Mayi ya Moto. Selon des sources locales contactées par RFI, l’embuscade a également visé un véhicule de l’Norwegian Refugee Council et plusieurs civils empruntant la route. Le chauffeur de MSF a été blessé, tandis que le véhicule de NRC a été dépouillé.

Une zone sous tension

Cette zone était autrefois contrôlée par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), avant de passer sous l’autorité du groupe politico-militaire AFC/M23. L’attaque a été menée par une dizaine d’hommes armés en civil, qui ont contraint les occupants des véhicules à s’agenouiller, menaçant avec des fusils et des machettes.

Ces faits illustrent le contexte sécuritaire extrême auquel sont confrontés les humanitaires, dans un territoire où les déplacements et l’assistance médicale demeurent fragiles. Comme le rappelle Jan Egeland, ancien coordonnateur humanitaire de l’ONU : « L’accès humanitaire ne peut être garanti que si toutes les parties respectent les principes de neutralité et de sécurité. »

Violation du droit international humanitaire

Selon le droit international humanitaire (DIH), les attaques contre les acteurs humanitaires sont strictement interdites. Les conventions de Genève précisent que le personnel médical, les véhicules et les fournitures humanitaires doivent bénéficier d’une protection absolue, indépendamment de l’affiliation aux belligérants. Comme l’explique Jean Pictet, juriste suisse et auteur de commentaires sur les Conventions de Genève, « toute atteinte volontaire à l’intégrité physique des personnels humanitaires constitue une violation grave du droit international et engage la responsabilité pénale de ses auteurs. »

En attaquant des véhicules humanitaires, en menaçant et en frappant les civils, les assaillants violent non seulement le DIH mais compromettent également l’accès vital des populations à l’aide médicale et alimentaire.

Contexte national et chiffres alarmants

L’année dernière, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a recensé 626 incidents affectant des acteurs humanitaires en RDC, dont 48 rien que pour le mois de décembre. Nord-Kivu, Ituri et Sud-Kivu demeurent particulièrement touchés, un chiffre qui témoigne d’une tendance préoccupante.

Comme l’affirme Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge : « La guerre n’épargne pas ceux qui viennent secourir, pourtant protéger les humanitaires est une obligation morale et légale pour toute partie au conflit. »

Dans un contexte où les civils et les humanitaires continuent de subir des violences, l’incident de Rutshuru rappelle l’urgence d’un respect strict du DIH et d’une protection renforcée pour que l’aide puisse atteindre ceux qui en ont le plus besoin.

RFI / voltefaceinfos7.com

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