Le brasier de La Haye

Les États-Unis ont annoncé, lundi 13 juillet, une vaste campagne diplomatique destinée à affaiblir la Cour pénale internationale (CPI). Depuis Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio entend mobiliser alliés et partenaires afin d’empêcher toute poursuite visant des ressortissants américains, au nom de la souveraineté nationale et de la défense des intérêts stratégiques des États-Unis.

La CPI se retrouve une nouvelle fois au centre d’une tempête géopolitique. Washington accuse la juridiction de La Haye de s’être attribué un pouvoir qu’il juge illégitime : celui de poursuivre des citoyens américains alors que les États-Unis n’ont jamais ratifié le Statut de Rome.

L’aigle contre le tribunal

Dans un communiqué au ton inhabituellement offensif, Marco Rubio promet de « démanteler » ce que son administration considère comme une menace contre la souveraineté américaine. Des pressions diplomatiques, des restrictions de visas et de nouvelles sanctions contre les responsables de la Cour figurent parmi les instruments envisagés.

Les partenaires bénéficiant de l’appui militaire ou financier américain pourraient également être appelés à prendre leurs distances avec l’institution judiciaire internationale.

Le droit face à la puissance

L’annonce dépasse cependant le seul cadre juridique. Elle ravive un vieux débat sur les rapports entre puissance et justice internationale.

« Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit », écrivait Henri Lacordaire. La formule éclaire le dilemme actuel : une justice universelle peut-elle exister lorsque les grandes puissances refusent d’en reconnaître l’autorité ?

Depuis sa création, la CPI a souvent été accusée de faiblesse face aux États les plus influents. La nouvelle offensive américaine risque ainsi d’accentuer les fractures du multilatéralisme.

Les ombres de demain

Au-delà de la confrontation entre Washington et La Haye, c’est l’avenir même de la justice internationale qui se joue. Si d’autres États suivent l’exemple américain, la CPI pourrait voir son influence diplomatique se réduire davantage.

Comme le rappelait Raymond Aron, « les relations internationales sont l’ombre de la guerre ». Désormais, cette guerre se mène aussi dans les textes, les sanctions et les rapports de force juridiques. Entre souveraineté et universalisme, le monde assiste peut-être à l’ouverture d’une nouvelle bataille pour l’ordre international.

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Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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