
Le pouvoir au milieu de la cité
Le président Félix-Antoine Tshisekedi a inspecté, vendredi 17 juillet, les travaux d’assainissement de Kinshasa menés par la Task Force du Service National sur le corridor reliant l’échangeur de Limete à l’aéroport international de N’djili. Selon les informations consultées sur la page officielle de la Présidence de la République, le chef de l’État a parcouru plusieurs sites, notamment la place Pascal, le marché de la Liberté et le saut-de-mouton de Debonhomme.
Cette visite intervient deux jours après le lancement de ces opérations destinées à améliorer la salubrité publique, curer les caniveaux, évacuer les déchets et réorganiser certains espaces urbains.
La ville comme vitrine
Accompagné du lieutenant-général Kasongo Kabwik, coordonnateur de la Task Force, Félix Tshisekedi a reçu des explications détaillées sur les travaux réalisés et les prochaines étapes.
Le Président a ensuite salué « la discipline, le professionnalisme et l’amour de la patrie » manifestés par les agents du Service National.
Au-delà des déclarations, cette descente sur le terrain traduit une volonté de rendre visible l’action publique dans une capitale régulièrement confrontée aux défis de l’insalubrité. Le choix de l’axe Limete-N’djili, principale porte d’entrée de Kinshasa, possède une forte portée symbolique.
La politique du visible
En politique, les chantiers constituent souvent des instruments de communication autant que des outils de transformation. « Gouverner, c’est faire croire », écrivait Nicolas Machiavel. La formule ne suggère pas l’illusion, mais rappelle que l’autorité se mesure aussi à sa capacité de produire des signes tangibles de son action.
À Kinshasa, les rues nettoyées deviennent ainsi le langage d’un État qui cherche à réaffirmer sa présence dans l’espace urbain et à restaurer la confiance des citoyens.
L’épreuve du temps
L’enjeu demeure toutefois celui de la durabilité. Les campagnes ponctuelles produisent des effets immédiats, mais leur succès dépend de leur continuité, de la gestion structurelle des déchets et de l’adhésion des habitants.
L’assainissement de Kinshasa dépasse donc la seule question de la propreté. Il pose la question plus large de la gouvernance urbaine et de la capacité des institutions à transformer l’action visible en politiques publiques durables.
Comme le rappelait Victor Hugo, « rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ». Pour les autorités congolaises, le véritable défi commence désormais : faire de la salubrité non plus un événement, mais une culture publique durable.
Liens internes suggérés :
- Service National : missions et enjeux en RDC ;
- Kinshasa face aux défis de la gouvernance urbaine ;
- Les politiques publiques de salubrité dans les grandes métropoles africaines.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
