Le rendez-vous des chiffres

À Kinshasa, le gouvernement congolais a appelé le Sénat à soutenir activement le RGPH-2 en RDC, lors d’une séance académique organisée au Palais du peuple. Le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a insisté sur la nécessité de sécuriser les financements afin d’assurer la réussite de cette opération stratégique pour l’avenir du pays.

Le RGPH-2 en RDC apparaît désormais comme un enjeu dépassant la simple statistique. Selon des informations consultées sur Opinion info, cette opération vise à offrir à l’État une connaissance précise de sa population après plusieurs décennies sans recensement général.

Le Sénat, gardien des ressources

Au cœur du processus, la Chambre haute du Parlement est appelée à jouer un rôle déterminant. En tant qu’autorité budgétaire, elle doit contribuer à garantir la continuité financière du projet.

« Gouverner, c’est prévoir », rappelait Émile de Girardin. Cette formule résume l’ambition portée par les autorités : remplacer les approximations par une décision publique fondée sur des données fiables.

La mémoire démographique du pays

Depuis plus de quarante ans, la RDC s’appuie largement sur des estimations anciennes. Cette situation limite la précision des politiques publiques, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures.

Ainsi, le recensement devient un instrument de souveraineté. Il permet à l’État de mieux connaître son territoire et d’orienter ses investissements.

Les chiffres comme boussole nationale

Cependant, la réussite du RGPH-2 en RDC dépendra aussi de la mobilisation des provinces, des citoyens et des partenaires techniques. Plus de 1 500 agents participent déjà aux préparatifs conduits par l’Institut National de la Statistique.

Comme l’écrivait Francis Bacon, « savoir, c’est pouvoir ». Pour la RDC, compter sa population revient donc à mieux comprendre sa force et ses défis.

Le véritable enjeu dépasse les statistiques : il s’agit de construire un État capable de décider à partir du réel. Car, comme le rappelait Pierre Bourdieu, « la connaissance est un instrument de pouvoir ».

Didier BOFATSHI

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