Après la mort du cycliste congolais, le CNJ-RDC demande à l’État de préserver les traces de son engagement pour la paix.
Kinshasa, 20 septembre 2026. Le Conseil national de la jeunesse de la RDC (CNJ-RDC) plaide pour une décoration posthume de Miguel Masaïsaï. La demande a été formulée samedi 19 septembre auprès du ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya. Le CNJ demande aussi le rapatriement de sa dépouille, des obsèques officielles et la conservation de ses effets au Musée national.
Miguel Masaïsaï : un périple interrompu à Ouesso
Miguel Masaïsaï est décédé vendredi 18 septembre à Kabos, près de Ouesso, dans le nord de la République du Congo. Il poursuivait alors son initiative « Pedals for Peace », lancée le 1er mai à Goma avec Rabat pour destination finale. Son parcours devait couvrir près de 14.000 kilomètres.
Le cycliste avait traversé la RDC d’est en ouest. Arrivé à Kinshasa le 5 août après plus de 6.500 kilomètres, il avait ensuite rejoint Brazzaville le 6 septembre. Radio Okapi rapporte qu’il avait alors déclaré : « Jour 67, Pedals for Peace est de retour. Je suis déjà à Brazzaville. Nous voulons la paix dans l’Est du Congo. On est ensemble, la route continue. Rabat, nous arrivons ! »
Le CNJ veut transformer le parcours en mémoire
Selon le communiqué du CNJ-RDC, «À l’issue de cette rencontre, un plaidoyer a été porté auprès du ministre Patrick Muyaya pour sa décoration à titre posthume par la République et d’honorer dignement la mémoire de Miguel Masaisai et préserver l’héritage de son engagement ».
Claude Mbuyi précise : «Au nom de la jeunesse congolaise et dans l’esprit de la Résolution 2250 des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité, ce plaidoyer porte notamment sur le rapatriement de sa dépouille et l’organisation d’obsèques officielles».
Le Conseil propose aussi de conserver son vélo, son casque et sa vareuse au Musée national. Cette proposition donne au plaidoyer une dimension précise : conserver des objets capables de documenter une initiative portée par un jeune Congolais au-delà des frontières.
Une reconnaissance encore à décider
Le CNJ formule donc des demandes. Les sources consultées ne font pas état, à ce stade, d’une décision officielle accordant la décoration ou les obsèques demandées.
Cette distinction est essentielle. Le décès est établi. Le plaidoyer est documenté. Sa traduction institutionnelle reste à venir.
George Santayana écrivait : « Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. » Dans le cas de Masaïsaï, cette pensée éclaire moins son décès que la question de ce qui restera de son initiative. La conservation de ses objets ferait passer son parcours du souvenir individuel à une trace accessible aux générations suivantes.
La question devient alors concrète : quelles décisions les autorités prendront-elles pour donner une suite institutionnelle à ce plaidoyer ?
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ACP / VFI7

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