Le cycliste congolais Miguel Masaïsaï est mort vendredi 18 septembre à Ouesso, dans le nord de la République du Congo. Il poursuivait « Pédales pour la paix ». », un périple de près de 14 000 kilomètres entre Goma et Rabat. Son accident interrompt un parcours sportif devenu un message public en faveur de la paix dans l’Est de la RDC.

Miguel Masaïsaï meurt sur la route de Rabat

Miguel Masaïsaï a perdu la vie dans un accident à Ouesso, alors qu’il se dirigeait vers la frontière camerounaise. L’accident a fait quatre morts, selon une source diplomatique citée par l’ACP. Les circonstances précises restent rapportées par les sources disponibles.

Sa sœur, Ornella Masaïsaï, a confirmé son identification : « Nous avons été contactés par Prince Lukeka du ministère de la Communication. Eux aussi avaient été alertés par les autorités du Congo Brazzaville sur le décès d’un athlète dans un accident au Nord du pays. Le passeport retrouvé à côté de la dépouille était celui de Miguel ».

De Goma à Rabat, un message au-delà des frontières

Lancé le 1er mai 2026 à Goma, « Pédales pour la paix » devait traverser plusieurs pays africains. Masaïsaï avait déjà parcouru la RDC d’Est en Ouest avant de poursuivre au Congo-Brazzaville. Le 14 septembre, il achevait sa 71e étape entre Gamboma et Oyo.

Dans sa dernière vidéo, il écrivait : « La route est longue aujourd’hui…mais on avance. Chaque kilomètre nous rapproche de Rabat. Un seul vélo, un seul message : la paix à l’Est de la RDC ».

Quelques jours auparavant, il résumait ainsi son objectif : « De Goma à Rabat, je continuerai à porter ce message à travers l’Afrique. Pour la paix, pour Bukavu, pour Beni, pour Lubero, pour Goma, pour tout le Congo ».

Cette trajectoire donne au décès une portée qui dépasse le seul événement sportif. Le vélo constituait le moyen. La paix représentait le message.

Le sport comme langage de paix

Albert Camus écrivait : « La paix est la seule bataille qui vaille d’être menée. » Cette pensée éclaire le choix de Masaïsaï sans transformer son parcours en récit héroïque. Elle permet surtout de comprendre la logique de son initiative : employer l’endurance sportive pour rendre visible une préoccupation née dans l’Est congolais.

Le ministre des Sports, Didier Budimbu, a salué cet engagement : « À travers « Pédales pour la paix ».”, il pédalait avec courage pour porter l’espoir et la paix à nos frères et sœurs de l’Est de la RDC ».

Le parcours s’arrête donc avant Rabat. Mais les faits montrent qu’il avait déjà traversé la RDC et franchi une frontière. Dans cet espace sous-régional marqué par les déplacements, les crises sécuritaires et les échanges entre États, son itinéraire avait donné une dimension transfrontalière à une cause née à Goma.

La question demeure désormais : comment préserver, par des moyens concrets et pacifiques, la mémoire du message que ce parcours voulait porter ?

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