Ils sont cinq, anciens chefs d’État, porteurs d’une paix lourde comme l’histoire. Face à eux, Félix Tshisekedi. Pour la première fois depuis le début de son mandat, le président congolais a reçu officiellement, en bloc, le panel des facilitateurs de l’Union africaine. À Kinshasa, la diplomatie a pris un visage collectif. Et l’Est, une nouvelle respiration.
Le cercle enfin refermé
Jusqu’ici, les sages entraient un par un. Cette fois, ils sont reçus ensemble. Un signal. Une scène. Une volonté de centraliser les médiations éparpillées entre Washington, Doha et Nairobi. La paix cesse d’être fragmentée.
Les artisans de l’ombre
Obasanjo, Kenyatta, Samba-Panza, Sahle-Work Zewde… Des noms qui pèsent. Des trajectoires qui rassurent. Ils incarnent ce que Max Weber appelait « l’autorité née de l’expérience ». Le conflit est ancien, la médiation se veut patiente.
Lomé au milieu du jeu
La médiation togolaise orchestre la rencontre. À la Cité de l’Union africaine, Yackoley Kokou Johnson fait le lien. Diplomatie discrète, mais centrale. Un dîner officiel scelle l’instant : la forme accompagne le fond.
La paix en tournée
Kinshasa, Kigali, Gitega. La crise ne connaît pas de frontières, la réponse non plus. Comme l’écrivait Raymond Aron, « la paix est toujours régionale avant d’être universelle ». La navette diplomatique devient urgente.
L’épreuve du réel
Les processus parallèles s’essoufflent. Les armes, elles, persistent. Les sages doivent produire du concret, vite, avant Addis-Abeba. Joseph Nye rappelait que « la crédibilité se mesure aux résultats, pas aux intentions ».
Cette rencontre n’est pas une solution. C’est une mise en ordre du silence diplomatique. Reste l’essentiel : transformer la sagesse en actes. Car, comme l’avertissait Hannah Arendt, « le mal prospère là où l’action tarde ». Dans les Kivus, le temps n’attend plus.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com