
Dans le territoire d’Ango, province du Bas-Uele, 13 enfants ont été enlevés le 8 avril 2026 lors d’une attaque armée dans le secteur de Zapayi. Selon les autorités locales et la société civile, des assaillants auraient exploité un vide sécuritaire lié au retrait temporaire de certaines unités des FARDC. L’élue nationale Grâce Neema appelle à une riposte urgente et à un redéploiement militaire. Aucun contact n’a été établi avec les victimes, tandis que les soupçons pointent des groupes armés venus de République centrafricaine et des complicités locales présumées.
Village ouvert
La nuit a avalé les cris. Ango s’est refermé sur lui-même comme une plaie invisible. Treize enfants disparaissent dans le silence d’une frontière poreuse. Hannah Arendt rappelait que « la violence apparaît là où la parole s’effondre ». Ici, il ne reste que l’absence.
Vide armé
Le retrait partiel des forces crée une brèche, aussitôt exploitée. La sécurité devient intervalle, et l’intervalle devient danger. Frantz Fanon écrivait : « Chaque vide institutionnel est une invitation à la violence ». Le territoire respire mal, sous pression.
Frontière poreuse
Entre RDC et République centrafricaine, les lignes se dissolvent. Groupes armés, circulations clandestines, soupçons croisés. La géographie devient instabilité. Achille Mbembe décrivait ces zones comme des « espaces de circulation de la violence ».
État interpellé
Face à l’onde de choc, la députée Grâce Neema exige une réaction rapide, un redéploiement et un contrôle militaire renforcé. L’État est convoqué dans son rôle le plus élémentaire : protéger. Max Weber définissait l’État comme « détenteur du monopole de la violence légitime ». Ici, ce monopole vacille.
Treize enfants disparus ne sont pas seulement une statistique : ils sont une alarme politique, sécuritaire et humaine. Comme le rappelait Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». À Ango, c’est le silence qui devient le pire des noms celui de l’attente sans retour.
Didier BOFATSHI
7 sur 7 / VFI7