Assurance Maladie Obligatoire (AMO), Couverture Santé Universelle (CSU) et protection financière des ménages sont désormais au cœur d’une nouvelle phase de la réforme sanitaire en République démocratique du Congo. À Kinshasa, les autorités ont lancé, le 6 octobre 2026, les travaux de consultation et de sensibilisation consacrés à la mise en œuvre de l’AMO. Derrière cette étape institutionnelle se joue une question plus concrète : comment transformer le principe de solidarité nationale inscrit dans le cadre légal en un mécanisme effectivement accessible, financé et contrôlable ?
AMO : une étape de consultation avant l’effectivité
Selon le ministère de la Santé publique, la cérémonie d’ouverture a réuni notamment le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, représentant la Première ministre, et le ministre de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba. La représentante de l’OMS est intervenue sur les enjeux de la Couverture Santé Universelle, tandis que le directeur général du Fonds de solidarité de santé (FSS) a présenté le rôle de cette structure dans le dispositif.
Cette séquence intervient après plusieurs travaux préparatoires du FSS. En juillet 2026, celui-ci indiquait notamment avoir renforcé les capacités de ses équipes techniques et travaillé sur le paquet de base, les mécanismes de financement, la répartition des cotisations et la digitalisation du traitement des factures.
Ce que prévoit le cadre légal
L’ordonnance-loi n°23/006 du 3 mars 2023 prévoit que toute personne résidant en RDC est appelée à s’affilier au régime d’AMO. Le dispositif repose sur quatre sous-régimes : agents publics de l’État, travailleurs régis par le Code du travail, régime scolaire et estudiantin, et travailleurs du secteur informel.
Le FSS occupe une position centrale : la loi lui confie notamment la collecte et la gestion des cotisations de l’AMO ainsi que le paiement des prestations aux établissements de santé sous contrat.
Le véritable enjeu : rendre la solidarité opérationnelle
Le lancement des consultations ne constitue donc pas, à lui seul, la preuve d’une couverture déjà généralisée. Il marque plutôt une étape de mise en œuvre d’un dispositif dont l’efficacité dépendra de plusieurs paramètres : financement régulier, affiliation effective, identification des bénéficiaires, contractualisation avec les prestataires, contrôle des prestations et capacité administrative.
Le FSS a d’ailleurs indiqué travailler sur la digitalisation du contrôle et du traitement des factures médicales, un levier important pour la traçabilité des dépenses.
Établi : le cadre juridique existe, le FSS est chargé de fonctions centrales et les consultations sur la mise en œuvre de l’AMO ont débuté.
À préciser : le calendrier complet de généralisation, les modalités pratiques d’affiliation, les niveaux définitifs de cotisation et la capacité du dispositif à couvrir durablement l’ensemble des catégories concernées.
À retenir
L’enjeu de l’AMO congolaise dépasse le lancement d’une campagne de sensibilisation. Il réside désormais dans la capacité à transformer la solidarité inscrite dans la loi en protection financière réellement accessible. Les prochaines étapes devront permettre de mesurer cette transition sur des éléments vérifiables : affiliés enregistrés, cotisations mobilisées, prestations couvertes et paiements effectivement réalisés.

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