Nairobi, capitale d’un appel continental à la paix
Selon les informations recueillies par les reporters de Voltefaceinfos7.com envoyés sur le terrain, le sommet Africa Forward, coorganisé à Nairobi du 11 au 12 mai 2026 par la France et le Kenya, a placé la question sécuritaire au cœur des débats. Face à une trentaine de chefs d’État et d’acteurs économiques, le président de la Commission de l’Union africaine, Mohamed Ali Youssouf, a lancé un appel fort : faire taire les armes pour ouvrir la voie aux investissements et au développement du continent. « L’insécurité ne doit plus constituer un frein aux flux d’investissements sur notre continent », a-t-il martelé dans une salle attentive.
L’Afrique entre guerre et croissance
Dans un discours structuré autour des enjeux de stabilité, le dirigeant de l’Union africaine a insisté sur l’urgence d’un cessez-le-feu continental. « Il est impératif de faire taire les armes, sans délai ni hésitation », a-t-il déclaré, faisant de la paix une condition préalable au développement économique. Il a également affirmé : « L’Afrique sera le principal moteur de la croissance mondiale. Faisons-le ensemble », plaçant le continent au centre des équilibres économiques futurs.
La RDC au cœur des tensions régionales
Les discussions interviennent dans un contexte marqué par plusieurs crises sécuritaires, notamment en République démocratique du Congo, où persistent des conflits armés à l’Est. Les affrontements entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que les tensions avec le Rwanda dans le cadre du processus de Washington, illustrent la fragilité des accords de paix.
Les violations répétées des engagements, les attaques armées et les accusations mutuelles entre parties alimentent une méfiance persistante malgré les médiations internationales.
Est du Congo, blessure ouverte
À cette instabilité s’ajoutent les violences attribuées aux ADF, responsables de massacres de civils et de déplacements massifs de populations, malgré les opérations conjointes des FARDC et des forces ougandaises. Dans ce contexte, la paix apparaît comme un horizon encore lointain. Comme le rappelait Kofi Annan : « Il n’y a pas de développement sans paix, et pas de paix sans développement. »
Paix ou survie
Au-delà des discours diplomatiques, Africa Forward met en lumière une équation centrale : sans sécurité, l’Afrique reste prisonnière de ses fractures. Et sans justice durable, les investissements ne sont que des promesses fragiles. Dans les couloirs de Nairobi, une conviction s’impose : l’avenir du continent dépend désormais de sa capacité à transformer les armes en silence et le silence en reconstruction.
Didier BOFATSHI

