Cris d’alerte sur les eaux du Rift
Selon les informations recueillies ce mardi 12 mai 2026 par les reporters de Voltefaceinfos7.com, la coalition des organisations de la société civile environnementale de l’Ituri et du Nord-Kivu a lancé un appel pressant à la suspension de tout nouvel accord pétrolier entre la RDC et l’Ouganda. En cause : l’ouverture des discussions à Kampala autour de plusieurs projets énergétiques sensibles, sans évaluation indépendante des risques transfrontaliers.
Réunis dans un front commun, les acteurs associatifs dénoncent une accélération de la coopération pétrolière autour du lac Albert, du lac Édouard et de la rivière Semliki, zones écologiquement vitales et déjà fragilisées.
Hydrocarbures sous haute tension
Au centre des inquiétudes figurent les projets Tilenga, Kingfisher et EACOP, développés côté ougandais. Les organisations alertent sur l’absence d’étude d’impact environnemental et social transfrontalière indépendante. « Aucune consultation réelle des communautés riveraines n’a été menée », dénoncent-elles, pointant une violation des principes de consentement libre, préalable et éclairé. Pour la coalition, les populations locales sont exclues des décisions alors même qu’elles subissent directement les conséquences écologiques potentielles.
Justice saisie, peuples oubliés
Face à cette situation, une action a déjà été introduite devant la Cour de justice de l’Afrique de l’Est (EACJ). Les ONG réclament également la suspension de toute signature d’accords pétroliers tant qu’un audit environnemental indépendant n’aura pas été rendu public. Elles demandent en parallèle une consultation effective des communautés riveraines et un soutien des autorités congolaises à la procédure judiciaire en cours.
Le fleuve comme mémoire vivante
Derrière le débat technique, se joue une bataille existentielle autour des ressources naturelles partagées. Les organisations rappellent que ces écosystèmes ne peuvent être réduits à de simples zones d’exploitation. « La terre ne se négocie pas dans le dos des peuples », affirment-elles avec fermeté. Comme le soulignait Wangari Maathai : « La protection de l’environnement est inséparable de la justice sociale. »
Entre développement et survie
Dans la région du Rift, le pétrole devient ainsi un marqueur de tension entre promesse économique et risque écologique. Une ligne de fracture où s’affrontent souveraineté énergétique, survie des communautés et impératif de transparence. Et dans le silence des eaux du lac Albert, une question persiste : jusqu’où peut aller le développement sans sacrifier la vie ?
Didier BOFATSHI

