RDC-Ouganda : Tshisekedi à Kampala, Museveni reconduit, l’axe sécuritaire et économique se resserre

    

Alliances au sommet des Grands Lacs

Kampala, 12 mai 2026. Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a assisté mardi à l’investiture de son homologue ougandais Yoweri Museveni, reconduit pour un septième mandat lors d’une cérémonie tenue aux Jardins de Kololo. Selon une information consultée sur l’ACP par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette présence s’inscrit dans un contexte de consolidation diplomatique et sécuritaire entre Kinshasa et Kampala, marqué par la signature de six accords stratégiques dans les domaines de la défense, du commerce et de la coopération régionale.

Kololo, théâtre du pouvoir prolongé

Sous les drapeaux et les serments solennels, Yoweri Museveni, 81 ans, prête serment pour un nouveau mandat après sa victoire électorale du 15 janvier 2026 avec 71,65 % des voix. « Ce nouveau mandat n’est pas un privilège, mais une responsabilité », a-t-il déclaré, appelant à « protéger les acquis » d’une gouvernance entamée depuis 1986.

Tshisekedi dans la diplomatie des équilibres

La présence de Félix Tshisekedi à Kampala dépasse le protocole. Elle s’inscrit dans une diplomatie des voisinages stratégiques, où la stabilité de l’Est de la RDC demeure un enjeu central. Kinshasa et Kampala affichent une convergence prudente, dans un environnement encore marqué par les tensions sécuritaires.

Sécurité partagée, frontières surveillées

Au cœur des échanges : la défense commune. Les deux États saluent les résultats de l’Opération Shujaa, menée contre les groupes armés actifs dans l’Est congolais. Les dirigeants réaffirment leur engagement dans les mécanismes régionaux de paix, notamment sous l’égide de l’Union africaine.

Six accords pour une intégration silencieuse

Les gouvernements ont signé six protocoles couvrant sécurité, recherche et commerce, fruits de la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte. Selon les autorités congolaises, ces textes visent à renforcer « un espace de prospérité mutuelle » tout en respectant souveraineté et intégrité territoriale.

Une architecture régionale en recomposition

Au-delà des discours, se dessine une géopolitique de proximité contrainte, où coopération et surveillance cohabitent. Comme le rappelait Henry Kissinger : « L’équilibre est la condition de la stabilité, pas sa garantie. » Dans les Grands Lacs, les alliances s’écrivent désormais entre sécurité partagée et mémoire des fractures, dans une diplomatie où chaque geste pèse autant que chaque silence.

Didier BOFATSHI

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