Kinshasa s’embrase dans le silence final
À Kinshasa, le 12 mai 2026, l’AS Vita Club a arraché une victoire précieuse (1-0) face à l’AS Simba au stade Tata Raphaël, lors de la 4e journée des play-offs de la Linafoot. Un but signé Platini Mpiana Mozizi à la 89e minute, sur coup de pied arrêté, fait basculer un match longtemps verrouillé. Dans un championnat resserré, ce succès propulse les Moscovites dans le peloton des prétendants au titre.
89e minute, l’instant qui tranche
Le match semblait figé, presque condamné au nul. Mais le football, ici, refuse la logique. Une frappe, un rebond, une respiration collective : Vita Club exulte. “Le football est une tragédie écrite en secondes imprévisibles”, rappelait Eduardo Galeano, et Kinshasa en a offert une preuve brute.
Domination stérile, tension maximale
Pendant 88 minutes, les occasions se multiplient sans efficacité. Simba résiste, discipliné, compact. Vita Club insiste, insiste encore, sans convertir. Cette inefficacité nourrit une pression sourde, presque politique dans ses effets symboliques : celui qui domine sans marquer doute toujours de sa légitimité sportive.
Le coup de foudre tactique
Sur une dernière balle arrêtée, la mécanique se brise. Lotanga déclenche, Mpiana Mozizi surgit. Deux touches, un destin. Comme l’écrivait Albert Camus, “tout ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois” : ici, la persévérance devient doctrine.
Course relancée, vérité suspendue
Ce succès repositionne Vita Club dans la lutte, avec 6 points, tandis que le sommet reste disputé entre plusieurs prétendants. Mais au-delà du classement, une question persiste : gagner dans la douleur suffit-il à construire un titre durable ?
“Le sport ne ment jamais, mais il ne dit pas tout”, murmurait Nelson Mandela. À Kinshasa, ce soir, il a surtout choisi son moment. Et comme le rappelait Kapuściński, “le vrai match commence quand tout semble fini.”
Didier BOFATSHI

