Les corps sous les décombres
Les violences sexuelles en RDC et dans plusieurs zones de guerre ont plus que doublé en un an, selon les Nations-Unies. Réuni mercredi 8 juillet à New York sous la présidence congolaise, le Conseil de sécurité a entendu un avertissement alarmant. Pékin appelle à restaurer la paix, renforcer les États et soutenir des milliers de survivantes laissées sans recours.
Les chiffres ont la froideur des tragédies. Pourtant, derrière eux, ce sont des vies brisées. À l’ONU, la représentante spéciale Pramila Patten a évoqué une flambée inédite des violences sexuelles liées aux conflits. La République démocratique du Congo figure parmi les épicentres de cette crise.
Quand les guerres dévorent les femmes
« Le recours aux violences sexuelles comme arme de guerre et de terrorisme constitue une violation flagrante du droit international », a déclaré l’ambassadeur chinois Fu Cong.
Dans l’Est de la RDC, les combats impliquant des groupes armés locaux et étrangers continuent d’alimenter l’insécurité. Les femmes deviennent alors les premières victimes d’une guerre qui dépasse les lignes de front. Le viol y apparaît comme un instrument de terreur, de déplacement et de domination.
Comme l’écrivait Victor Hugo, « la guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées ».
La paix, ultime remède
Pékin estime que seule la restauration de la stabilité permettra d’éradiquer ces crimes. « Seules la paix et la stabilité permettront d’endiguer ces violences à la racine », a insisté Fu Cong.
Cependant, les mécanismes humanitaires s’essoufflent. Les financements diminuent tandis que les besoins explosent. L’ONU appelle ainsi les bailleurs à honorer leurs engagements.
La crise pose une question plus vaste : comment reconstruire des sociétés lorsque les corps deviennent des champs de bataille ? Albert Camus avertissait déjà : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »
En RDC, la lutte contre les violences sexuelles dépasse désormais l’urgence humanitaire. Elle est devenue un test pour la paix, la justice et la crédibilité de la conscience internationale.
Didier BOFATSHI

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