
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la République Démocratique du Congo, par la voix de Zénon Mukongo Ngay, appelle à une réponse internationale « cohérente et déterminée » après le rapport de Human Rights Watch documentant des exactions massives lors de l’occupation d’Uvira par les rebelles de AFC/M23, soutenus par le Rwanda. Fosses communes, disparitions, violences systématiques : un drame humanitaire d’ampleur, révélé début avril, relance le débat sur l’inaction internationale face à une crise chronique.
La ville aux charniers muets
Uvira exhume ses morts. Plus de 210 corps, arrachés au silence des fosses communes, dessinent une cartographie macabre. Le rapport de Human Rights Watch évoque exécutions sommaires, enlèvements et violences sexuelles. « Là où les morts parlent, les vivants tremblent », écrivait Hannah Arendt ici, ils accusent.
La guerre sans visage
Derrière les lignes du AFC/M23, Kinshasa pointe l’ombre du Rwanda. Une guerre diffuse, où les uniformes brouillent les frontières et où l’ennemi se démultiplie. René Lemarchand le rappelait : « dans les Grands Lacs, le local est toujours l’écho du régional ».
L’ONU à l’épreuve du réel
Face au Conseil de sécurité, la RDC exige plus que des mots. Elle réclame une cohérence, une volonté. Car, comme le soulignait Kofi Annan, « l’inaction face aux atrocités est elle-même une forme de complicité ». Ici, le droit international vacille sous le poids des silences.
Les corps en exil
Femmes violées, hommes exécutés, enfants disparus : la violence ne tue pas seulement, elle déracine. Les survivants fuient, emportant avec eux des fragments d’effroi. Zygmunt Bauman parlait de « vies en suspens » à Uvira, elles errent entre mémoire et survie.
Ce qui se joue à Uvira dépasse le drame local : c’est une fracture morale internationale. L’appel de Kinshasa résonne comme une sommation. Jusqu’où faudra-t-il compter les morts pour provoquer l’action ?
Car, au cœur de cette tragédie, une vérité persiste, implacable : « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », avertissait Albert Einstein.
Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.