Le feu du classico

Le vieux royaume du football congolais a retrouvé ses grondements. Ce vendredi 1er mai 2026, au stade de Kamalondo à Lubumbashi, TP Mazembe a dominé AS Vita Club (2-0) lors du premier classico de la saison en play-offs de la 31e édition de la Linafoot. Longtemps fermé puis brutalement renversé par l’intensité des Corbeaux, le choc entre les deux géants du football congolais a tenu toutes ses promesses. Dieubeni Ndongala et Cheick Oumar Fofana ont offert à Mazembe une victoire de prestige dans une enceinte redevenue volcanique.
Kamalondo reprend vie
Même sans éclat continental cette saison, Mazembe-VClub reste une affaire de mémoire, d’orgueil et de suprématie nationale. À Kamalondo, le classico n’a pas besoin de trophée africain pour brûler. Il suffit d’un regard, d’un duel, d’un ballon disputé pour réveiller toute l’histoire du football congolais.
Durant la première période, les deux équipes avancent avec prudence. L’intensité est là. Les contacts aussi. Mais les espaces se referment comme des portes métalliques. VClub résiste. Mazembe insiste. Le stade attend l’étincelle. Le philosophe Albert Camus disait : « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois. »
À Kamalondo, la morale du classico reste immuable : personne ne pardonne la moindre faiblesse.
Le réveil des Corbeaux
Puis Mazembe accélère. Au retour des vestiaires, le staff technique des Corbeaux injecte du sang neuf au milieu et en attaque. Le rythme change. Le pressing devient plus haut. Plus agressif. Plus étouffant. Et soudain, le verrou saute. À la 72e minute, Josué Kazema déborde dans le couloir gauche avant d’adresser un centre précis dans la surface. Dieubeni Ndongala surgit. Contrôle instinctif. Frappe fulgurante. Lucarne.
1-0. Kamalondo explose. Le stade devient une décharge électrique. Comme l’écrivait Eduardo Galeano : « Le football est la plus importante des choses les moins importantes. »
À cet instant précis, plus rien d’autre n’existe dans les tribunes.
VClub dans la tempête
Touché, Vita Club vacille. Les Dauphins noirs tentent de réagir, mais Mazembe sent l’odeur du chaos adverse. Les Corbeaux prennent désormais le contrôle émotionnel du match. À la 82e minute, Cheick Oumar Fofana s’élève dans les airs sur un centre parfaitement ajusté. Sa tête est puissante. Implacable. Le ballon finit au fond des filets. 2-0.
Le classico bascule définitivement du côté noir et blanc. L’implicite de cette rencontre apparaît immédiatement : Mazembe a affiché une profondeur tactique et une maîtrise physique qui pourraient peser lourd dans la course au titre. VClub, lui, semble encore en reconstruction mentale et collective après des mois difficiles.
Le signal des géants
Avec ces trois premiers points, le TP Mazembe lance idéalement sa campagne des play-offs et rappelle qu’il demeure le grand prédateur du football congolais. Au-delà du score, les Corbeaux envoient un message à tout le championnat : Kamalondo reste une forteresse et Mazembe un animal blessé toujours dangereux. Pour Vita Club, cette défaite inaugure une campagne déjà sous pression. Le doute rôde. Et dans les play-offs, le doute se transforme souvent en piège.
Désormais, tous les regards se tournent vers le prochain choc : le derby de Lubumbashi contre FC Saint-Éloi Lupopo, autre sommet annoncé de cette phase finale. Le stratège chinois Sun Tzu écrivait : « Invincibilité se trouve dans la défense ; possibilité de victoire dans l’attaque. » Vendredi soir, à Kamalondo, Mazembe a maîtrisé les deux. Et lorsque les Corbeaux retrouvent leurs ailes, c’est tout le football congolais qui entend battre le tonnerre.
Didier BOFATSHI
