
Au village Cahoboka Kashusha, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu), un homme a tué cinq personnes dont sa femme, ses deux enfants, une parente et un voisin lors d’un drame lié à un conflit foncier dans la nuit du 10 au 11 avril 2026. Maîtrisé par la population en colère, il a ensuite été lynché. Le bilan provisoire fait état de six morts et six blessés graves. Les autorités locales appellent au calme et annoncent l’ouverture d’enquêtes pour établir les circonstances exactes de cette tragédie.
Terre disputée
Le conflit foncier agit ici comme étincelle dans une société déjà sous tension. Une terre, une dispute, puis l’irréparable. Hannah Arendt rappelait que « la violence surgit là où la parole échoue ». À Kabare, le dialogue a disparu avant même le geste.
Foyer brisé
La tragédie bascule dans l’intime : une famille entière détruite dans un enchaînement de violences domestiques et communautaires. Ce qui devait être refuge devient théâtre de mort. René Girard analysait ces spirales comme des crises mimétiques où la violence se reproduit et s’amplifie sans contrôle.
Justice de rue
Après les crimes, la population réagit dans la colère et abat l’auteur présumé. Le droit cède face à la vengeance immédiate. Max Weber définissait l’État comme détenteur du monopole de la violence légitime monopole ici débordé par la foule.
Chaos social
Six morts, six blessés, et une communauté fracturée. Les autorités appellent au calme tandis que l’enquête débute. Mais la peur et la suspicion s’installent durablement. Achille Mbembe évoque ces espaces où « la vie et la mort se confondent dans une même incertitude sociale ».
Kabare se retrouve face à une double tragédie : celle du crime familial et celle de la justice populaire, toutes deux révélatrices d’une fragilité institutionnelle et sociale profonde. Comme le rappelait Albert Camus : « La violence est à la fois le cri de la misère et la faillite du dialogue ». À Cahoboka Kashusha, ce cri a tout emporté — jusqu’au silence des survivants.
Didier BOFATSHI
7 sur 7 / VFI7