Sud-Kivu : La Guerre des minerais déguisée en tribale

À Uvira, la Communauté Banyamulenge dénonce une manipulation du conflit dans l’est de la RDC. Selon David Ganza, secrétaire de la plateforme Banyamulenge Global Advocacy, l’agression menée par l’armée rwandaise et le M23 n’est pas tribale, mais économique, motivée par le pillage des minerais du Sud-Kivu. La guerre est ainsi instrumentalisée pour masquer la véritable cible : les ressources du pays.

Les masques de l’éthnie

Pour Ganza, « certains membres de notre communauté ont prêté allégeance au Rwanda et aujourd’hui il y a un narratif qui veut porter cette guerre sur la couleur ethnique ». Selon lui, le conflit est présenté à tort comme une guerre tribale contre les Banyamulenge, alors qu’il s’agit avant tout d’un contrôle des minerais – or, cuivre et autres richesses du territoire.

La réalité économique

La coalition Rwanda‑M23 a, selon la BGA, utilisé le prétexte de protection ethnique pour déplacer de force des civils Banyamulenge vers Kamanyola dans des conditions inhumaines. Ganza rappelle que « la guerre n’est pas tribale et le rapport des Nations-Unies peut le prouver : le Rwanda vient piller les minerais de la RDC ». La population locale est ainsi au cœur d’un conflit économique masqué par des discours ethniques.

Un appel à l’unité et à la reconstruction

Malgré la violence et la manipulation, la Communauté Banyamulenge appelle à l’unité et à la cohésion sociale : « Nous allons prendre en charge nos territoires et bâtir notre pays avec nos autorités. Même si nous sommes loin, nous avons Uvira dans notre cœur », affirme Ganza. La plateforme dénonce les acteurs instrumentalisés du conflit et souligne le rôle du gouverneur Jean-Jacques Purusi dans la promotion de la paix et de la cohésion dans la province.

Le conflit du Sud-Kivu révèle que derrière les conflits ethniques apparents, se cachent des enjeux économiques majeurs. Comme le rappelait Amartya Sen : « La famine et la guerre ne sont pas seulement des catastrophes naturelles ; elles sont souvent les conséquences d’injustices humaines ». Dans cette logique, la vigilance et la solidarité restent essentielles pour protéger les populations et leurs ressources.

ACP / VF7, via voltefaceinfos7.com

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