RDC : Motion de défiance contre Jacquemain Shabani programmée au 27 avril, l’hémicycle sous haute tension politique

Kinshasa, 23 avril 2026, L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’apprête à examiner, le 27 avril prochain, une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo. Inscrite à l’ordre du jour à l’issue d’une conférence des présidents marquée par de fortes tensions internes, cette initiative parlementaire cristallise des fractures politiques au sein même de la majorité, sur fond d’accusations de mauvaise gestion sécuritaire et de violation des équilibres institutionnels.

Un vote sous haute densité politique

L’hémicycle se prépare à une séance décisive. La conférence des présidents a validé l’examen de la motion, renvoyant la responsabilité du dénouement à la plénière du 27 avril. Dans les coulisses parlementaires, la décision est interprétée comme un arbitrage prudent, laissant les lignes de fracture politiques s’exprimer au grand jour dans un climat déjà chargé.

La sécurité au cœur de l’accusation

À l’origine de la procédure, le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani et membre de l’Union sacrée de la nation. Sa motion met directement en cause la gestion du portefeuille de l’Intérieur, particulièrement dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants. Le texte évoque également des griefs institutionnels, notamment des accusations d’entrave au contrôle parlementaire et de dérive dans l’exercice de l’autorité publique.

Une initiative parlementaire sous contestation

Le parcours de la motion n’a pas été linéaire. Des sources parlementaires font état de pressions exercées sur certains signataires, ayant conduit à des r8etraits, tandis que des doutes ont émergé sur l’authenticité de certaines signatures. Une plainte pour faux a même été déposée devant le Parquet général près la Cour de cassation, accentuant la judiciarisation d’un dossier déjà fortement politisé.

Une majorité fracturée en interne

Au-delà du cas individuel du VPM, l’affaire révèle des tensions internes au sein de la majorité présidentielle. Dans certains cercles proches du pouvoir, cette initiative est perçue comme le reflet de rivalités politiques intra-coalition, notamment au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Le débat dépasse ainsi la simple évaluation d’une gestion ministérielle pour toucher aux équilibres internes de la majorité.

Un test pour l’architecture institutionnelle

La motion de défiance devient un moment de vérité institutionnel. Elle interroge la solidité des mécanismes de contrôle parlementaire dans un environnement politique traversé par des rivalités et des enjeux sécuritaires majeurs. Le 27 avril s’annonce ainsi comme une date charnière, où l’Assemblée nationale devra arbitrer entre logique politique, discipline de majorité et exigence de redevabilité gouvernementale.

Le pouvoir sous l’épreuve du contrôle

« Le pouvoir sans contrôle se transforme en dérive », rappelle un principe fondamental des démocraties représentatives. Dans l’arène parlementaire congolaise, cette motion agit comme un révélateur. Comme l’écrivait Montesquieu, « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Reste alors à l’institution de démontrer, par le vote, que le contrôle demeure vivant, même au cœur des turbulences politiques.

Didier BOFATSHI
Okapi, Téléphone ya bana mboka

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