Au moins 82 personnes sont mortes dans l’effondrement d’une mine d’or artisanale à Al-Zaraa, près d’Al-Nuhud, dans le Kordofan-Occidental. Le drame expose les risques d’une exploitation devenue une source de revenus dans une économie dévastée par la guerre. Les secours recherchent encore d’éventuels survivants.

Mine d’or au Soudan : le bilan s’alourdit

L’effondrement s’est produit mardi 15 septembre 2026. Selon une source au sein des Forces de soutien rapide (FSR), citées par l’AFP, 82 personnes ont péri et une cinquantaine ont été blessées. La zone se trouve sous contrôle des FSR.

Le bilan a évolué durant les opérations. Le Sudan Doctors Network avait d’abord annoncé 67 morts. Les secours ont ensuite récupéré davantage de corps. Plusieurs personnes pourraient encore se trouver sous les décombres.

« Tout le monde travaille dur pour récupérer les corps et chercher d’éventuels survivants, mais c’est compliqué. Nous avons besoin d’engins pour dégager la roche et la terre », a raconté Khair al-Sayyed Jabara.

Une exploitation artisanale sans sécurité

Le témoignage révèle la faiblesse des moyens de secours. Les mineurs utilisent des outils rudimentaires pour extraire l’or. Ils les utilisent aussi pour rechercher leurs collègues ensevelis.

« Ici les puits sont tous à côté les uns des autres. Si l’un d’eux s’effondre, tous les autres autour s’effondrent », explique Al-Amin Suleiman.

Le Sudan Doctors Network a dénoncé l’absence de mesures de sécurité et d’équipements adaptés. Selon les sources locales, l’exploitation artisanale reste très répandue dans les régions affectées par la guerre.

Cette réalité donne un autre sens au drame. L’or permet de survivre, mais son extraction expose ceux qui en dépendent.

L’or au cœur de l’économie de guerre

Le paradoxe dépasse le Kordofan. Le Soudan a produit environ 70 tonnes d’or en 2025, selon la Sudanese Mineral Resources Company. En août 2026, le ministère soudanais des Mines indiquait que les exportations officielles du premier semestre avaient déjà égalé celles de toute l’année 2025.

Le secteur reste pourtant marqué par la contrebande. Le Royaume-Uni affirme que des milliards de dollars d’or sortent chaque année du pays par des circuits illicites. Londres considère ce commerce comme une source de financement de la guerre.

L’Union européenne a, elle aussi, interdit depuis juillet 2026 l’achat, l’importation ou le transfert d’or provenant du Soudan. Elle a également restreint l’accès au mercure et au cyanure utilisés dans l’exploitation aurifère.

Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » À Al-Zaraa, parler seulement d’un accident minier serait incomplet. Le drame révèle surtout le coût humain d’une économie où la guerre détruit les activités ordinaires et pousse des travailleurs vers des mines sans protection.

La question dépasse donc le seul sauvetage des victimes : comment réduire les risques pour les mineurs sans priver de revenus une population déjà frappée par la guerre ?

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