Une commission travaille à Kinshasa sur une formation spécialisée en justice transitionnelle, mémoire et recherche scientifique.
Le Genocost pourrait entrer dans l’enseignement universitaire congolais dès la nouvelle année académique. Selon le ministère de l’ESURSI, une commission travaille à Kinshasa sur une maquette de formation spécialisée. Le projet vise surtout à transformer la mémoire des violences de masse en objet de recherche scientifique.
Le Genocost gagne un espace dans l’université
La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo, a engagé le processus avec la Commission interministérielle d’appui aux victimes et d’assistance aux victimes (CIAVAR).
Depuis une semaine, les membres de la commission travaillent au Sheraton Hôtel de Kinshasa. Leur mission consiste à élaborer une maquette de formation spécialisée. Selon le ministère, elle devrait prendre la forme d’un master consacré à la justice transitionnelle, à la mémoire et à la promotion de la culture.
Le projet s’inscrit dans une dynamique déjà annoncée en août 2026. La CIAVAR avait alors présenté la création prochaine d’un master spécialisé en justice transitionnelle et d’un fonds destiné à soutenir la recherche sur le Genocost et le génocide.
Former des chercheurs sur les violences de masse
Selon le professeur Emmanuel Luzolo Bambi-Lessa, membre de la commission, la formation doit produire des experts-chercheurs capables d’étudier les conflits, les violences de masse et les violations graves des droits humains.
Cette orientation donne au projet une portée scientifique précise. Il ne s’agit plus seulement de transmettre une mémoire. Il s’agit aussi de documenter, d’interpréter et de transmettre des connaissances selon des méthodes universitaires.
« La mémoire est la conscience de l’histoire », écrivait l’historien Jacques Le Goff. Cette pensée éclaire le choix de placer la mémoire au cœur d’une formation universitaire. Une mémoire étudiée devient aussi une matière de connaissance, de débat et de transmission.
De la mémoire à l’expertise nationale
L’enjeu principal se situe désormais dans la qualité de la formation à construire. La maquette doit encore définir les contenus, les compétences et les orientations scientifiques du futur cursus.
Le processus actuel ne signifie donc pas que le master est déjà opérationnel. Selon le ministère, son lancement reste envisagé pour la nouvelle année académique.
Cette nuance est essentielle. La reconnaissance universitaire d’un sujet passe par des programmes structurés, des enseignants qualifiés, des sources documentées et des méthodes de recherche vérifiables.
La RDC cherche ainsi à renforcer une expertise nationale sur son propre passé conflictuel. La question devient alors centrale : comment faire de la mémoire des violences un savoir scientifique capable d’éclairer les générations futures et de contribuer à la prévention de leur répétition ?
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Source : Cellule de communication du ministère de l’ESURSI, reprise sur le compte officiel du ministère.

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