À Bunia, Jean-Jacques Muyembe appelle à tirer les leçons de la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Malgré l’amélioration de la situation en Ituri, le scientifique insiste sur la surveillance épidémiologique, le renforcement du système de santé et la protection du personnel soignant.

Une amélioration qui ne signifie pas la fin d’Ebola

La situation évolue favorablement en Ituri. Mais Jean-Jacques Muyembe appelle à maintenir la vigilance. Lors d’un point de presse tenu mardi 15 septembre à Bunia, le directeur général de l’INRB a rappelé que la maîtrise d’une flambée ne signifie pas la disparition du virus.

« D’autres épidémies d’Ebola vont survenir parce que le virus continue à circuler », a-t-il déclaré. Cette mise en garde place la surveillance au cœur de la préparation sanitaire.

Le ministère de la Santé présente d’ailleurs la surveillance épidémiologique comme un outil de détection précoce, de suivi des tendances et d’orientation de la réponse publique. Le dernier suivi officiel disponible au 14 septembre recensait l’épidémie de maladie à virus Ebola/Bundibugyo parmi les épidémies sous surveillance active.

Détecter avant que la flambée ne s’installe

Pour Muyembe, la priorité consiste à raccourcir le délai entre l’apparition d’une alerte et la réponse sanitaire. Il plaide donc pour des capacités locales capables d’identifier rapidement les cas suspects, de suivre les contacts et de déclencher les interventions nécessaires.

« Si le virus revient ici, en Ituri, après une semaine, deux semaines, on détecte. Si on détecte, nous aurons les vaccins, nous aurons les médicaments », a-t-il souligné.

Cette logique rejoint la pensée de l’épidémiologiste William Foege, pour qui la surveillance permet précisément de savoir où agir, quand agir et comment agir. Dans le contexte congolais, l’enjeu dépasse donc la seule riposte actuelle. Il concerne la capacité du système de santé à anticiper la prochaine alerte.

Protéger ceux qui soignent

La mission de Bunia a également permis d’observer des innovations sur le terrain. Muyembe a notamment relevé les efforts réalisés dans l’approvisionnement en eau et la construction rapide des centres de traitement Ebola.

Mais les infrastructures ne suffisent pas. La prévention et le contrôle des infections doivent rester une priorité. La protection des médecins, infirmiers et autres agents constitue un élément déterminant de toute réponse à Ebola.

La situation rappelle ainsi une exigence simple : une riposte durable ne se mesure pas seulement à sa capacité à traiter une épidémie. Elle se mesure aussi à sa capacité à préserver les soignants, renforcer les structures locales et détecter rapidement la prochaine menace.

L’enjeu pour la RDC est désormais de transformer les acquis de cette riposte en capacités sanitaires durables.

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