Au Haut-Katanga, l’enjeu dépasse la création des Zones d’Exploitation Artisanale. Leur efficacité dépendra surtout de leur viabilité et de leur capacité à réduire les conflits de concessions.
À Lubumbashi, Jean-Michel Sama Lukonde appelle à mieux organiser l’artisanat minier dans le Haut-Katanga. Selon la communication rapportée par l’ACP, la création de Zones d’Exploitation Artisanale doit contribuer à réduire les tensions avec les concessions minières. Mais le véritable test reste leur mise en œuvre.
Sama Lukonde place les ZEA au cœur de l’organisation minière
Le président du Sénat s’est entretenu avec le gouverneur Martin Kazembe Shula. Selon la présidence du Sénat, les échanges ont porté sur l’artisanat minier et les conflits liés à l’envahissement de concessions.
« Le Haut-Katanga est une province minière. Elle a besoin d’un meilleur encadrement de l’artisanat minier. La province est à pied d’œuvre pour créer des Zones d’Exploitation Artisanale. C’est un secteur difficile, mais il faut l’organiser ».
Cette déclaration pose une priorité claire : organiser l’espace minier avant que les conflits ne deviennent un problème permanent de sécurité et de développement.
Des ZEA annoncées, mais des résultats encore attendus
Le point sensible reste la différence entre création administrative et réalité sur le terrain. Des initiatives de 2026 visent déjà l’affectation des coopératives minières dans les ZEA du Haut-Katanga. Mais leur fonctionnement effectif doit encore être évalué.
Les travaux de Gavin Hilson éclairent cette difficulté. Le chercheur montre que la formalisation de l’exploitation artisanale échoue lorsque les règles ne correspondent pas aux réalités économiques des exploitants.
La ZEA ne peut donc pas être seulement une limite tracée sur une carte. Elle doit offrir un espace légal, viable et accessible.
Le sens caché : prévenir le conflit par l’organisation
C’est le seul sens caché qui ressort de cette séquence : la ZEA peut devenir un outil de prévention des conflits plutôt qu’un simple mécanisme de déplacement des creuseurs.
Hilson rappelle que les conflits apparaissent notamment lorsque les concessions industrielles absorbent des espaces occupés par l’artisanat, privant certains exploitants de possibilités légales de travailler.
La réussite dépendra donc moins du nombre de ZEA annoncées que de leurs résultats : accès des coopératives, sécurité, traçabilité et réduction effective des incursions dans les concessions.
Le Haut-Katanga joue ainsi une partie importante de sa gouvernance minière. Une ZEA existe véritablement lorsqu’elle produit de l’ordre, pas seulement lorsqu’elle est créée par décision administrative.
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Source : communication de la présidence du Sénat, relayée par l’ACP.

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