
L’onde de choc venue du désert
Kigali, lundi 15 juin 2026. La guerre au Moyen-Orient continue de faire trembler les économies bien au-delà de son épicentre. Au Rwanda, les prix de l’essence et du diesel ont bondi de plus de 1 000 francs rwandais en deux mois, dépassant désormais 2 900 francs le litre. Selon l’information consultée sur RFI par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette hausse, alimentée par les tensions sur les marchés pétroliers mondiaux, contraint automobilistes, entrepreneurs et chauffeurs de moto-taxi à revoir leurs habitudes dans un contexte où l’inflation a atteint 12,9 % en mai.
Le carburant devenu luxe
À la station-service de Remera, les chiffres défilent plus vite que le carburant.
« Avant, je mettais environ 60 000 francs pour un aller-retour jusqu’à Rusumo. Aujourd’hui, je dois mettre entre 110 000 et 120 000 », témoigne Emery, homme d’affaires.
Face à cette réalité, il réduit ses déplacements et délègue davantage. Une adaptation devenue nécessaire. Comme le rappelait Edgar Morin : « Tout est relié. » À Kigali, les secousses géopolitiques du Moyen-Orient se lisent désormais à la pompe.
Les moteurs de la débrouille
Sur les routes de la capitale, les mototaxis encaissent le choc.
« On ne peut pas augmenter les prix, sinon les clients choisiront les motos électriques », explique Isaac. « Maintenant, j’évite les trajets inutiles. »
Derrière cette prudence se dessine une mutation silencieuse. La flambée du pétrole accélère l’intérêt pour les alternatives électriques et révèle la fragilité énergétique des économies dépendantes des marchés extérieurs.
Quand la crise devient leçon
Pour amortir le choc, le gouvernement subventionne une partie du diesel et les transports publics. Toutefois, la pression demeure forte sur les ménages.
Cette crise rappelle une vérité souvent oubliée : dans un monde interdépendant, une guerre lointaine peut bouleverser le quotidien d’un conducteur à Kigali. « L’avenir dépend de ce que nous faisons dans le présent », disait Mahatma Gandhi.
Entre résilience et adaptation, le Rwanda avance. Car lorsque les réservoirs se vident, les consciences, elles, se remplissent d’une certitude : l’indépendance énergétique n’est plus une ambition, mais une nécessité stratégique pour l’avenir des nations.
Didier BOFATSHI

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