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Le retour d’un grain oublié

Un protocole d’accord signé à Kinshasa ouvre une nouvelle page pour la filière rizicole de Bumba. Le ministère de l’Économie nationale, à travers le Fonds de régulation économique (FOREC), et la Société rizicole de Bumba (SRB) ont conclu, jeudi 18 juin 2026, un partenariat destiné à relancer la production intensive du riz dans la province de la Mongala. Une initiative présentée comme une réponse stratégique aux défis de la sécurité alimentaire et du développement rural en République Démocratique du Congo.

Selon les informations rapportées par Radio Okapi, cette relance vise à renforcer la production locale, soutenir les petits producteurs et contribuer à la stabilité des prix des produits de première nécessité.

Le riz comme arme économique

Au-delà d’une simple production agricole, le projet porte une ambition nationale : réduire les déséquilibres du marché et améliorer l’approvisionnement des ménages.

Placide Lengelo, directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Économie nationale, explique que « le Fonds de régulation économique constitue l’instrument par lequel l’État corrige le déséquilibre des marchés stratégiques sans se substituer aux opérateurs ».

Le responsable souligne que l’objectif est notamment de sécuriser l’offre sur des produits essentiels comme le riz, le maïs, le manioc, le soja et l’huile de palme.

Bumba veut retrouver son prestige

Longtemps considéré comme une référence agricole dans son espace d’origine, le riz de Bumba ambitionne de reconquérir les marchés congolais.

« Ce fameux riz de Bumba, qui a été pendant très longtemps la fierté de sa région d’origine, doit devenir par cette intervention une référence nationale », a déclaré Christelle Derouaux Odia, secrétaire exécutive adjointe du FOREC.

Cette renaissance annoncée apparaît comme un pari sur le potentiel rural de la Mongala, où l’agriculture pourrait redevenir un moteur économique majeur.

Des champs pour reconstruire l’avenir

La Société rizicole de Bumba met également en avant la dimension sociale du projet. L’objectif affiché est de permettre aux communautés agricoles de gagner en autonomie financière.

« Il est très important de créer un impact socioéconomique et de pouvoir permettre aux communautés de développer leurs propres plantations », a indiqué Monique Gieskes, directrice générale de Plantations et Huileries du Congo (PHC), actionnaire unique de la SRB.

Comme le rappelait l’agronome Norman Borlaug : « On ne peut pas construire la paix sur des ventres vides. » La relance du riz de Bumba dépasse donc le simple cadre agricole : elle devient un enjeu de souveraineté alimentaire, de dignité rurale et de transformation économique.

Les premières opérations sur le terrain sont annoncées dans les prochains jours en Mongala. Entre promesse et réalité, la terre attend désormais les résultats de cette nouvelle ambition.

Didier BOFATSHI

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