
Une affaire privée au cœur du tumulte politique
L’épouse de l’opposant congolais Jean-Marc Kabund a été interpellée puis relâchée ce jeudi 25 juin 2026 après avoir été entendue par le parquet de Kalamu, à Kinshasa. L’affaire, officiellement liée à un contentieux foncier autour d’une parcelle, intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition.
Le dossier concerne un conflit de propriété immobilière dans la capitale congolaise. Le camp Kabund affirme détenir une décision judiciaire définitive reconnaissant Mme Makambo comme propriétaire légale du terrain. La partie adverse conteste cette position et a introduit un recours devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe.
La justice au milieu des soupçons
L’Alliance pour le Changement (A.Ch), parti de Jean-Marc Kabund, soutient que cette affaire relève avant tout du domaine privé et civil. Son secrétaire général, Tonay Atwana Jean-Paleki, a déclaré que les procédures judiciaires ne devraient pas être utilisées comme un instrument politique.
Cette réaction intervient alors que toute démarche impliquant une personnalité proche d’un opposant politique est rapidement observée à travers le prisme du rapport de force politique.
Comme le rappelait le juriste Montesquieu : « Il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et exécutive ». La crédibilité de la justice repose ainsi sur son indépendance et sa capacité à traiter les dossiers sans pression extérieure.
Le foncier, un terrain sensible à Kinshasa
Au-delà du cas particulier, ce dossier révèle une problématique plus large : les conflits fonciers demeurent fréquents dans les grandes villes congolaises. La terre, devenue une ressource rare et stratégique, est souvent au centre de disputes complexes mêlant documents administratifs, décisions judiciaires et intérêts privés.
La bataille autour de cette parcelle illustre donc une réalité où le droit immobilier rencontre parfois les passions politiques.
Une affaire locale, un regard national
La libération de l’épouse de Jean-Marc Kabund apaise momentanément la tension, mais l’évolution judiciaire du dossier reste attendue. La prochaine étape dépendra de la procédure devant la Cour d’appel et de la capacité des parties à faire valoir leurs arguments dans le respect du cadre légal.
Comme l’écrivait Hannah Arendt, « la justice est ce qui permet aux hommes de vivre ensemble malgré leurs différences ». Dans une démocratie en construction, chaque affaire judiciaire devient aussi un test : celui de la confiance entre citoyens, institutions et État de droit.
Didier BOFATSHI

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