Le sursis des amphithéâtres
À quelques jours du début du mouvement annoncé pour le 22 juillet, le RAPUICO a suspendu la grève dans les universités et instituts supérieurs publics après une rencontre avec le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. Cette décision, consultée sur opinion info, écarte provisoirement le spectre d’une paralysie académique aux lourdes conséquences sociales et politiques.
La grève des professeurs en RDC semblait devoir plonger les campus dans une nouvelle zone de turbulence. Finalement, l’annonce d’une paie complémentaire et la poursuite des discussions sur les accords de Bibwa ont permis d’éviter une rupture immédiate.
Les amphithéâtres au bord du silence
Les enseignants réclament notamment une revalorisation salariale progressive, le paiement des arriérés, la prime de recherche ainsi que l’octroi de crédits véhicules. « Comme il y a eu un pas dans la bonne direction, nous suspendons le mouvement de grève », ont déclaré les responsables syndicaux.
Cependant, cette trêve demeure fragile. Elle reste conditionnée au respect des engagements gouvernementaux.
Quand l’université devient un enjeu d’État
Au-delà des revendications sociales, l’enjeu est profondément politique. Une interruption prolongée des cours aurait compromis le calendrier académique et alimenté les frustrations de milliers d’étudiants.
Comme l’écrivait Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Dans un pays confronté à de multiples défis, préserver la continuité universitaire devient une question de stabilité nationale.
La paix précaire des campus
Par ailleurs, les clarifications apportées par le ministre sur la chaîne administrative des paiements ont contribué à rétablir la confiance. Les syndicats reconnaissent désormais que les blocages ne relevaient pas d’un seul acteur.
La suspension de la grève offre ainsi un répit au gouvernement. Mais elle rappelle également la fragilité structurelle de l’enseignement supérieur congolais.
Comme le soulignait Pierre Bourdieu, « l’avenir d’une société dépend de son rapport à son école ». En RDC, sauver l’année académique revient aussi à préserver une part essentielle de l’avenir national.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
