
Dans un contexte de tensions autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo, l’opposant Seth Kikuni, membre du mouvement « Sauvons la RDC », proche de Joseph Kabila, a publié une déclaration au ton symbolique affirmant que « les mots ne suffisent plus ». Dans ce message adressé indirectement au président Félix Tshisekedi, il évoque une crise du discours politique et une mutation des formes d’expression de l’opposition.
Le verbe épuisé, la parole en retrait
Dans sa prise de position, Seth Kikuni estime que la scène politique est entrée dans une phase où « les mots ne suffisent plus ». Il décrit une parole publique devenue inefficace face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire, marquée notamment par les débats sur une possible révision constitutionnelle.
Tshisekedi au centre des accusations discursives
L’opposant attribue cette situation au président Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’avoir « vidé le verbe de son utilité ». Une formule qui dépasse la critique politique classique pour s’inscrire dans une lecture symbolique du pouvoir et de son rapport au langage.
Du discours au silence stratégique
Dans une inversion rhétorique assumée, Seth Kikuni affirme que « lorsque le verbe perd son utilité, c’est le silence qui devient le message ». Une déclaration interprétée comme une évolution du registre d’expression de certains acteurs politiques, où le non-dit devient porteur de sens et de stratégie.
Silence politique et lecture des rapports de force
Sans annoncer d’action concrète, l’opposant conclut en invitant à « lire le silence ». Une formule qui, dans le contexte actuel, renvoie à une reconfiguration des modes de contestation politique, à l’heure où les débats sur la réforme institutionnelle cristallisent les tensions au sommet de l’État.
Cette sortie illustre une opposition en mutation, où la parole cède progressivement la place à des formes plus implicites de contestation dans un climat institutionnel sous tension. « Le silence est parfois la forme la plus aiguë du langage », écrivait Octavio Paz et en RDC, ce silence politique semble désormais peser aussi lourd que les mots eux-mêmes.
Didier BOFATSHI
Opinion info / VFI7, voltefaceinfos7.com