RDC : La Banque Centrale tourne la page du cash en devises étrangères et engage une révolution monétaire

La Banque Centrale du Congo (BCC), dirigée par André Wameso, a annoncé la fin des transactions en espèces en devises étrangères à partir du 9 avril 2027 en République démocratique du Congo. Cette réforme majeure vise à renforcer la transparence financière, lutter contre le blanchiment de capitaux et favoriser les paiements numériques dans un pays où les flux en dollars dominent encore largement l’économie.

Le cash en devises, une ère qui s’achève

La mesure marque un tournant structurel : les paiements en espèces en monnaies étrangères ne seront plus autorisés sur le territoire national. Selon André Wameso, l’objectif est clair : réduire les risques de blanchiment et réorganiser la circulation monétaire autour de circuits bancaires formels.

Centralisation du dollar, verrou bancaire renforcé

La réforme prévoit également un recentrage des importations de devises au seul niveau de la BCC. Les banques commerciales bénéficieront d’un moratoire d’un an pour s’adapter avant la mise en œuvre complète du dispositif. Une mesure qui réactive un contrôle plus strict de la liquidité en devises sur le marché national.

Vers une économie plus traçable

Pour la BCC, la multiplication des importations mensuelles de billets en devises étrangères — évaluées à plusieurs milliards de dollars — constitue une inefficacité structurelle. « Ce qui est importé ne reste pas dans le système », a souligné André Wameso, mettant en avant la nécessité de renforcer la traçabilité des flux financiers.

Digitalisation forcée, mutation des pratiques

Au-delà de la régulation, cette réforme vise à accélérer la transition vers les paiements électroniques. Elle s’inscrit dans une stratégie de modernisation du système financier congolais, où la monnaie scripturale devrait progressivement supplanter les espèces, notamment en devises étrangères.

En supprimant progressivement le cash en devises, la RDC engage une transformation profonde de ses habitudes économiques, entre modernisation financière et contrôle renforcer des flux monétaires.  « Celui qui contrôle la monnaie contrôle l’économie », rappelait John Maynard Keynes et en RDC, cette réforme pourrait bien redéfinir les rapports entre État, banques et citoyens.

Didier BOFATSHI

Yabiso news / VFI7, voltefaceinfos7.com

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