La voix de l’apaisement

Alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue de susciter des réactions en République Démocratique du Congo, le député national Marcel Tshipepele Ntumba appelle les habitants de Kananga à la retenue et à la préservation de la paix sociale. Face aux tensions observées dans le chef-lieu du Kasaï central après la prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’élu plaide pour un débat démocratique respectueux des divergences.

Dans une déclaration rapportée par Ouragan, le parlementaire estime que les évêques disposent du droit d’exprimer leur opinion, tout en précisant que cette position ne saurait représenter automatiquement l’ensemble des fidèles catholiques ni tous les chrétiens.

Le débat sans fracture

Marcel Tshipepele adopte une posture de médiation. Il reconnaît l’importance du rôle des autorités religieuses dans la société congolaise, mais rappelle que la pluralité des opinions demeure un principe fondamental de la démocratie.

« Leur position n’engage pas tous les catholiques, encore moins tous les chrétiens », a-t-il déclaré, appelant ainsi à éviter toute confusion entre une prise de position institutionnelle et une adhésion collective.

Cette approche vise à empêcher que le débat constitutionnel ne se transforme en confrontation sociale ou en opposition entre communautés.

Comme le rappelait le philosophe Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire. »

La souveraineté populaire au centre

L’élu de Kananga insiste sur un principe qu’il considère comme supérieur : la souveraineté du peuple congolais. Selon lui, aucune institution, qu’elle soit politique, religieuse ou sociale, ne peut se substituer à la volonté populaire lorsqu’il s’agit de définir l’avenir institutionnel du pays.

« Seul le peuple congolais reste souverain », affirme-t-il, estimant que la décision finale devra intervenir dans le respect des lois et des mécanismes prévus par la République.

Cette position replace le débat dans le cadre institutionnel et rappelle que les grandes orientations nationales doivent être tranchées par les voies démocratiques.

Le développement comme priorité

Au-delà de la controverse constitutionnelle, Marcel Tshipepele appelle les habitants du Kasaï central à ne pas perdre de vue les urgences quotidiennes : infrastructures, emploi des jeunes, routes, services sociaux de base et amélioration des conditions de vie.

Pour lui, le débat politique ne doit pas détourner l’attention des besoins concrets des populations. « La politique n’a de sens que lorsqu’elle améliore la vie des citoyens », pourrait résumer cette vision centrée sur l’action publique.

Comme l’écrivait Nelson Mandela : « Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le simple fait d’avoir vécu, mais la différence que nous avons faite dans la vie des autres. »

À Kananga comme ailleurs, le défi reste donc double : préserver la paix sociale tout en permettant un débat national ouvert sur l’avenir de la RDC. La démocratie congolaise sera jugée autant par ses décisions que par sa capacité à respecter la diversité des voix qui la composent.

Didier BOFATSHI

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