
Le peuple au centre de l’arène
Kinshasa, 12 juin 2026. La bataille des mots s’intensifie autour de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Lors du live Space animé jeudi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur André Mbata, président de la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale, a opposé la souveraineté populaire aux accusations de glissement constitutionnel qui entourent le projet de révision de la Constitution de 2006.
Selon les propos rapportés par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, l’élu a défendu la nécessité d’actualiser un texte qu’il juge partiellement dépassé. « Ne fût-ce qu’un simple nettoyage s’impose », a-t-il déclaré, évoquant notamment des dispositions transitoires devenues obsolètes après vingt ans d’évolution institutionnelle.
Le glaive du référendum
Pour And2ré Mbata, le fondement de la réforme réside dans l’article 5 de la Constitution. « La souveraineté nationale appartient au peuple », a-t-il rappelé. À ses yeux, le pouvoir constituant ne relève ni d’un parti politique ni d’un dirigeant, mais du peuple lui-même, appelé à s’exprimer par référendum.
Cette lecture vise à déplacer le débat du terrain des intentions vers celui du droit. Elle répond directement aux inquiétudes de ceux qui redoutent une modification destinée à prolonger le pouvoir au-delà des limites constitutionnelles actuelles.
Entre mémoire et méfiance
Derrière les arguments juridiques se dessine une question plus profonde : celle de la confiance démocratique. Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau, « la souveraineté ne peut être représentée ». Le philosophe plaçait déjà le peuple au cœur de toute légitimité politique.
Cependant, la prudence demeure. Montesquieu avertissait que « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Cette réflexion continue d’alimenter les réserves d’une partie de l’opinion publique face à toute révision de la loi fondamentale.
L’heure du verdict citoyen
Le débat dépasse désormais la simple technique constitutionnelle. Il interroge la relation entre les institutions et les citoyens, entre la stabilité de l’État et l’adaptation des normes aux réalités nouvelles.
Au final, la controverse révèle une évidence : une Constitution vit autant par ses textes que par la confiance qu’elle inspire. Et comme le rappelait Alexis de Tocqueville, « la démocratie produit une énergie qui naît d’elle-même ». Reste à savoir si cette énergie rapprochera les Congolais d’un consensus national ou ouvrira un nouveau front dans la bataille politique qui agite déjà l’horizon du pays.
Didier BOFATSHI

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