
Une capitale sous surveillance politique
Kinshasa, 12 juin 2026. À la veille du sit-in annoncé par l’opposition dans la capitale congolaise, le gouvernement, par la voix du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur Jacquemain Shabani, réaffirme le cadre légal des libertés publiques tout en appelant au strict respect de l’ordre public. Selon des propos recueillis par Actu30, l’exécutif assure que le droit d’expression est garanti en RDC, mais qu’il ne peut s’exercer en dehors des lois et sans préserver la sécurité des citoyens, dans un contexte de fortes tensions politiques et de désaccord sur la tenue de la manifestation.
Liberté encadrée, État vigilant
Le ton est ferme mais institutionnel. « Le droit d’expression est garanti en République démocratique du Congo », rappelle Jacquemain Shabani, tout en ajoutant que l’État a « la responsabilité de garantir l’ordre public ». Dans une capitale déjà sous pression, la ligne gouvernementale se veut claire : encadrer sans interdire, prévenir sans bloquer.
Parlement en session, ville sous tension
La proximité du Parlement et la tenue de la session parlementaire sont invoquées comme facteurs de sensibilité. « Nous sommes en pleine session parlementaire », souligne le ministre, évoquant la nécessité de permettre aux citoyens de « vaquer à leurs occupations ». La capitale apparaît alors comme un espace où cohabitent institutions actives et contestation politique.
Sécurité renforcée, risques évoqués
Le gouvernement affirme avoir reçu des messages appelant à des actes de violence. « Nous avons reçu des messages où des manifestants promettaient de brûler tout véhicule », déclare Shabani dans des propos rapportés par Actu30. Les services de sécurité disent avoir pris des dispositions pour éviter toute dérive.
Ordre contesté, sit-in maintenu
Malgré la délocalisation annoncée par les autorités urbaines, contestée par l’opposition, les organisateurs maintiennent leur mobilisation. Deux logiques s’affrontent : régulation institutionnelle et expression politique de rue. La capitale se retrouve ainsi au centre d’un face-à-face juridique et politique.
L’équilibre fragile de la République
Entre liberté d’expression et impératif sécuritaire, Kinshasa avance sur une ligne de crête. Comme le rappelle Montesquieu, « la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ». Reste une question ouverte, suspendue dans l’air de la capitale : jusqu’où peut s’étendre la parole publique sans fissurer l’ordre collectif ?
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime