Référendum en RDC : Ejiba Yamapia revendique une marée humaine et relance le choc constitutionnel

Le peuple dans l’arène

Kinshasa a vécu, vendredi 5 juin, une nouvelle démonstration de force autour du débat sur la révision de la Constitution. Invité d’un Space live organisé dans la soirée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’archevêque Ejiba Yamapia, président de la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN), a revendiqué le succès de la marche organisée dans la capitale en faveur d’un référendum constitutionnel. Malgré la délocalisation de dernière minute du rassemblement du Palais du Peuple vers le terrain annexe du Stade des Martyrs pour des raisons sécuritaires, il assure que « les objectifs ont été atteints » et évoque une mobilisation de plus de 60 000 personnes.

La guerre des regards

La bataille se joue désormais autant dans les rues que dans les perceptions. Alors que certains observateurs estiment la mobilisation en deçà des attentes, Ejiba Yamapia contre-attaque : « Celui qui dit que ça n’a pas marché, c’est aussi son opinion. »

Cette divergence illustre une réalité politique constante : la légitimité se construit autant par les chiffres que par le récit. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, « la force des gouvernements démocratiques réside dans le consentement des gouvernés ».

Le référendum comme étendard

Au cœur de son plaidoyer demeure une revendication claire : consulter directement les citoyens. « Donnez la parole au peuple. Le peuple, c’est le souverain », lance-t-il. Pour lui, le référendum doit départager les partisans du changement constitutionnel et ceux qui s’y opposent.

En renvoyant le calendrier de cette consultation au Chef de l’État, il présente son initiative comme une démarche démocratique plutôt qu’une pression institutionnelle.

L’ombre du grand débat

Interrogé sur l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel, l’archevêque s’en démarque : « Je ne suis pas distributeur de mandats. » Il affirme rechercher une Constitution « adaptée aux réalités actuelles du monde et de notre pays ».

Derrière les slogans et les foules se dessine ainsi un débat plus vaste : celui de l’avenir du contrat social congolais. « La souveraineté ne peut être représentée », écrivait Jean-Jacques Rousseau. En RDC, cette idée revient aujourd’hui au cœur de la scène politique, portée par une question qui dépasse les hommes : qui doit décider du destin constitutionnel de la nation ?

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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