
Verdict de feu, mémoire ouverte
La Haute Cour militaire de Kinshasa a condamné, le 5 juin 2026, le colonel des FARDC Jean de Dieu Mambweni et plusieurs coaccusés à la peine de mort dans l’affaire du meurtre des experts de l’ONU au Kasaï en 2017. Selon l’information consultée sur actuakite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, ce verdict en appel relance l’un des dossiers les plus sensibles de la justice militaire congolaise. Huit ans après les faits, la décision frappe fort, mais laisse intacte une question centrale : celle des commanditaires non identifiés.
Justice qui tranche, vérité qui glisse
Dans le dossier du double assassinat de Zaida Catalan et Michael Sharp, la justice militaire affirme sa fermeté. Mais dès les premières procédures, les limites de l’enquête apparaissent : la chaîne de responsabilité supérieure reste hors de portée. « La justice sans la vérité est une mémoire amputée », écrivait Paul Ricœur. Au Kasaï, cette mémoire demeure fissurée.
Le poids d’un uniforme
Au centre du dossier, Jean de Dieu Mambweni incarne une justice à deux vitesses. Condamné initialement pour non-assistance, puis visé par une peine capitale en appel, il devient le symbole d’une responsabilité éclatée entre action individuelle et logique institutionnelle.
Les ombres du commandement
Derrière les condamnations, une zone grise persiste. Qui a ordonné, qui a couvert, qui a laissé faire ? Montesquieu rappelait que « toute autorité sans contrôle devient arbitraire ». Ici, le contrôle semble fragmenté, presque insaisissable.
Une justice forte, une vérité incomplète
Le verdict apparaît comme un acte de puissance judiciaire, mais non comme une clôture historique. Comme l’affirmait Hannah Arendt, « la vérité de fait est toujours menacée par le pouvoir ». Au Kasaï, la justice parle fort, mais la vérité répond encore en silence.
Dans cette affaire, une question persiste comme une plaie ouverte : peut-on refermer un crime sans en connaître toutes les voix ? « Une justice incomplète est une mémoire fragile », rappelle ce dossier brûlant. Et dans l’écho des condamnations, résonne encore cette vérité d’André Malraux : « La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache. »
Didier BOFATSHI

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