Référendum constitutionnel en RDC : Le Sénat ouvre la porte, la rue sonne l’alarme

Le verrou qui saute

Lors de la plénière de ce lundi 15 juin 2026, le Sénat a adopté en seconde lecture la proposition de loi du député Ngandankoy fixant les conditions d’organisation du référendum constitutionnel. Toutefois, la chambre haute a modifié un point crucial : la composition de l’Assemblée constituante appelée à rédiger une éventuelle nouvelle Constitution.

Cette décision ouvre officiellement la voie à une nouvelle étape du processus référendaire en République Démocratique du Congo. Mais elle intervient dans un climat de fortes tensions politiques, quelques jours après le sit-in organisé à Kinshasa par la Coalition Article 64 (C64), marqué par des heurts entre manifestants et policiers.

La plume qui dessine le pouvoir

Le fait saillant réside dans cette modification de fond. Derrière l’apparente technicité juridique, c’est la question du pouvoir constituant qui surgit. Qui écrira les règles du Congo de demain ?

Le Sénat a voté le texte « en des termes non identiques à ceux retenus par l’Assemblée nationale », introduisant ainsi un nouvel équilibre dans le futur processus constitutionnel. Dans les démocraties modernes, la composition d’une Assemblée constituante détermine souvent l’âme même de la Constitution qu’elle produit.

Comme l’affirmait le constitutionnaliste Georges Vedel : « La Constitution est la loi du pouvoir. » Dès lors, la bataille ne porte plus seulement sur le référendum, mais sur ceux qui façonneront la norme suprême.

Quand la rue défie l’hémicycle

Face à cette avancée institutionnelle, la Coalition Article 64 maintient sa contestation. Son sit-in du 12 juin dernier dénonçait ce qu’elle considère comme une remise en cause de l’ordre constitutionnel existant.

Cette confrontation révèle une fracture plus profonde entre légalité institutionnelle et légitimité populaire. Le Parlement poursuit son agenda conformément à ses prérogatives. Dans le même temps, une partie de l’opinion exige davantage de garanties sur l’inclusivité du processus. Montesquieu avertissait : « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi ; mais elle doit être loi parce qu’elle est juste. »

L’ombre du futur contrat national

Au-delà du vote parlementaire, c’est l’avenir du pacte républicain qui se dessine. La réforme constitutionnelle apparaît désormais comme le théâtre d’une bataille silencieuse entre institutions, acteurs politiques et société civile.

Le défi sera de transformer une procédure légale en projet national partagé. Car une Constitution durable ne s’impose pas ; elle rassemble. « La force ne fait pas le droit », écrivait Jean-Jacques Rousseau. Dans les couloirs du Parlement comme dans les rues de Kinshasa, cette vérité résonne aujourd’hui avec une intensité particulière. Le Congo se trouve à un carrefour où chaque mot de la future Constitution pourrait peser aussi lourd que l’Histoire elle-même.

Didier BOFATSHi

Jésus-Christ t’aime

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