Après les révélations scientifiques, la RDC mise sur la vérification pour protéger sa crédibilité minière.
Kinshasa va analyser un échantillon représentatif des exportations d’hydroxyde de cobalt après une étude publiée dans Nature Communications. Deux laboratoires, dont un international accrédité, participeront aux contrôles. Un groupe interministériel disposera de 60 jours pour établir les faits et évaluer les risques.
Une réponse fondée sur la vérification
Le ministère des Mines a annoncé, le 21 août, une campagne d’analyses sur les exportations concernées. Le CENPRI et le CEEC participeront au dispositif. Le gouvernement veut ainsi confronter les données disponibles et déterminer les teneurs réelles en uranium.
L’étude publiée le 30 juillet affirme que de l’uranium peut accompagner l’hydroxyde de cobalt issu de la Copperbelt congolaise. Elle soutient que ce phénomène mérite une attention particulière dans la chaîne d’approvisionnement.
Kinshasa rappelle toutefois que l’uranium existe naturellement dans les gisements du Lualaba et du Haut-Katanga. Sa seule présence ne prouve donc ni une extraction intentionnelle ni une violation des engagements internationaux.
La transparence devient un enjeu stratégique
Le groupe interministériel devra examiner les allégations, mais aussi les risques sanitaires et environnementaux. Son rapport attendu sous 60 jours devra proposer des mesures adaptées.
Cette démarche rappelle une idée de Karl Popper : « La science doit commencer avec les problèmes. » Ici, le problème ne réside pas seulement dans la présence éventuelle d’uranium. Il concerne surtout la capacité de l’État à produire une preuve indépendante, vérifiable et compréhensible.
L’angle caché est donc celui de la traçabilité. Dans un marché mondial où le cobalt congolais occupe une place stratégique, la confiance devient presque une ressource minière supplémentaire.
Un test pour la souveraineté minière
La question dépasse les frontières congolaises. Le cobalt alimente notamment les chaînes mondiales liées aux batteries et à la transition énergétique. Toute controverse sur sa composition peut donc affecter les relations commerciales, la réputation du pays et la sécurité des approvisionnements.
La contre-expertise annoncée peut ainsi renforcer la position de Kinshasa si elle repose sur des méthodes publiques et des résultats accessibles.
La RDC saura-t-elle transformer cette controverse en démonstration durable de transparence, de contrôle et de souveraineté minière ?
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Source officielle : Ministère des Mines de la RDC
Didier Bofatshi

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