RDC : Suminwa et le secteur privé scellent une offensive réformatrice pour assainir le climat des affaires

Alliance sous pression économique

À Kinshasa, ce mercredi 27 mai 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni Gouvernement et secteur privé autour d’une table stratégique. Objectif affiché : refonder le climat des affaires et accélérer la transformation structurelle de l’économie congolaise.

Face à la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et à la COPEMECO, l’exécutif a esquissé une feuille de route centrée sur la fiscalité, la simplification administrative et la réduction des contrôles jugés excessifs. Une séquence politique où l’économie devient langage de survie nationale.

Réformes sous tension fiscale

Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a tenté de rassurer les opérateurs économiques. Il a mis en avant la loi de finances rectificative et la facture normalisée comme leviers de modernisation.

« Plusieurs mesures ont déjà produit des effets concrets », a-t-il affirmé, évoquant notamment la reprise progressive des mécanismes de création d’entreprises. Derrière cette déclaration, une réalité plus complexe persiste : la lutte contre la fragmentation administrative et la méfiance structurelle entre État et investisseurs.

L’informel, cœur invisible de l’économie

Au centre du débat : la formalisation du secteur informel. Pour le gouvernement, il s’agit d’un impératif stratégique. Le vice-Premier ministre souligne que cette transition est « essentielle pour élargir l’assiette fiscale, sécuriser les opérateurs et renforcer le contrôle de l’État ».

Mais ce vaste espace économique informel, souvent décrit comme poumon silencieux de l’économie congolaise, résiste encore à l’encadrement institutionnel. Il incarne à la fois une vitalité économique et une zone d’ombre fiscale.

Réformer pour convaincre

La rencontre trimestrielle s’inscrit dans une dynamique de réajustement continu entre l’État et les forces productives. Elle traduit une volonté politique : transformer la défiance en partenariat, et la complexité administrative en lisibilité économique.

Comme le rappelait John Maynard Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes ». Une citation qui résonne dans un pays où la réforme économique se heurte encore aux inerties structurelles.

Entre promesse et réalité

La réforme du climat des affaires en RDC se joue désormais sur un fil : crédibiliser l’action publique tout en élargissant la base économique formelle. Derrière les annonces, une attente forte persiste : celle d’un environnement où l’investissement n’est plus une épreuve, mais un moteur. « Gouverner, c’est prévoir », disait Émile de Girardin. En RDC, prévoir devient surtout transformer dans un espace où chaque réforme engage bien plus que des chiffres : elle engage la confiance.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *